Le lac d'Aureilhan, treize kilomètres de tour et un château anglais
8 min de lecture
L'étang d'Aureilhan couvre 331 hectares entre Mimizan, Aureilhan, Saint-Paul-en-Born et Sainte-Eulalie-en-Born. Le sentier qui en fait le tour mesure 13,5 kilomètres et ne monte nulle part : trois heures et demie au pas de promenade, davantage quand le sable ralentit. La baignade surveillée tient sur une seule plage, celle du Ponton à Aureilhan, en juillet et en août de 13 h à 19 h ; les canoës, les paddles et les bateaux électriques partent de la rive d'en face, à Mimizan. Le château Woolsack, bâti en 1911 pour le duc de Westminster, se voit depuis le chemin et ne se visite pas.
Le sentier du tour du lac démarre au parking d’Aureilhan, au bord de l’eau, à côté du rond-point et de la plage surveillée. Il est inscrit au plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, balisé d’un trait bleu horizontal, et se suit dans le sens des aiguilles d’une montre : Aureilhan d’abord, puis Mimizan, Sainte-Eulalie-en-Born et Saint-Paul-en-Born. Aucune borne kilométrique ne jalonne le parcours. Le trait bleu suffit, à condition de ne pas confondre avec les marques de gestion forestière peintes sur les pins.
Treize kilomètres et demi, et pas un mètre de dénivelé
La boucle fait 13,5 kilomètres. Elle demande trois heures et demie au minimum, ce qui suppose de marcher sans traîner et sans s’arrêter longtemps devant les hérons. Le dénivelé est nul : on reste entre dix et quinze mètres au-dessus du niveau de la mer sur la totalité du tracé. Cette absence de côte trompe. Un chemin plat de treize kilomètres reste treize kilomètres, et le sable en rajoute.
Car le terrain n’est pas régulier. L’itinéraire alterne pistes forestières roulantes, portions de chemin blanc et passages franchement ensablés, surtout du côté qui longe l’eau au plus près. En hiver et après plusieurs jours de pluie, plusieurs sections deviennent boueuses, avec des flaques qu’on ne contourne pas toujours. Des chaussures montantes valent mieux qu’une paire de baskets basses entre novembre et mars. L’été, le sable sec fatigue les mollets plus que la distance.
| Distance | 13,5 km, boucle fermée |
|---|---|
| Durée | 3 h 30 minimum |
| Dénivelé | nul |
| Balisage | trait bleu horizontal (PDIPR) |
| Départ | parking du lac, Aureilhan, près de la plage du Ponton |
| Sens | horaire, vers Mimizan |
L’office de tourisme de Mimizan vend un topoguide à 2 euros qui décrit ce circuit et neuf autres itinéraires du secteur. Sur le chemin, quelques panneaux de lecture du paysage sont plantés côté Saint-Paul-en-Born, dans la partie la plus humide du parcours. Le reste du balisage se limite au trait bleu.
À vélo, le tour ne se fait pas comme on l’imagine
Le circuit balisé est un itinéraire pédestre. Aucune piste cyclable ne fait le tour du plan d’eau, et la portion qui suit la berge est trop sableuse pour un vélo de route ou un vélo de ville : la roue avant s’enfonce et le pédalage s’arrête. Des traces existent pour le VTT, dont une boucle de 18,4 kilomètres qui contourne le lac par des pistes forestières plus larges, avec quelques racines et des ornières au printemps. C’est une sortie VTT, pas une balade familiale à vélo.
Pour rouler sur du revêtement, il faut sortir du tour du lac. La Vélodyssée entre sur le territoire de Mimizan par le nord, au niveau du lac justement, longe la rive ouest et passe devant la promenade fleurie avant de filer vers Mimizan-Plage. La voie verte qui relie Mimizan-Plage à Sabres, 54,6 kilomètres en enrobé, traverse Aureilhan et Saint-Paul-en-Born d’ouest en est avant d’entrer dans le parc naturel régional des Landes de Gascogne. Le réseau cyclable de la communauté de communes dépasse 45 kilomètres, entièrement séparé de la circulation automobile.
La plage du Ponton, la seule baignade surveillée
Elle est à Aureilhan, sur la rive nord-est, au même endroit que le parking de départ du sentier. La surveillance couvre juillet et août, de 13 h à 19 h. En dehors de ces deux mois et de cette plage horaire de fin de journée, personne ne veille sur l’eau. La plage dispose de douches, de sanitaires, d’un parking et d’un poste de secours.
L’eau est douce et le fond descend en pente douce. Il n’y a ni vagues ni baïnes, ce qui change radicalement des plages océanes de Mimizan situées à quatre kilomètres de là. La différence explique la fréquentation familiale du lac en juillet : les enfants tiennent debout loin du bord, et la température de l’eau douce dépasse largement celle de l’Atlantique en début de saison. Le suivi sanitaire classe régulièrement cette baignade en qualité bonne à excellente. Comme sur tous les lacs de l’arrière-dune, les analyses peuvent conduire à une fermeture temporaire en cas de prolifération de cyanobactéries ; l’information est affichée sur place et à la mairie d’Aureilhan.
Les autres lacs landais fonctionnent sur le même modèle, avec une ou deux plages surveillées et de grandes rives laissées à la forêt.
Les bateaux partent de la rive de Mimizan
Le Cercle nautique de Mimizan occupe le quartier de Woolsack, face au golf, sur un terrain de 44 hectares situé en zone Natura 2000 et à quatre kilomètres de l’océan. Sa base de loisirs ouvre du 1er juillet au 31 août, tous les jours de 10 h à 18 h. On y loue des bateaux électriques de quatre à six places qui ne demandent aucun permis, des canoës, des kayaks, des paddles simples ou géants, des planches à voile et des avirons. Le club compte 140 adhérents à l’année et deux moniteurs permanents.
Des loueurs privés proposent aussi du paddle et du pédalo sur la rive d’Aureilhan, en saison. La descente du courant de Mimizan en canoë, une dizaine de kilomètres jusqu’à l’océan, se réserve depuis la base nautique. Le courant coule lentement, sans rapide, sous une végétation qui se referme par endroits, dans le même esprit que le courant d’Huchet quelques dizaines de kilomètres plus au sud.
Juste à côté, la promenade fleurie occupe une anse du lac côté Mimizan. Aménagée en 1966, elle rassemble plus de 400 espèces de fleurs, d’arbustes et d’arbres sur trois cents mètres de cheminement, entre une partie ensoleillée qui borde l’eau et une partie basse et ombragée plantée de végétation de zone humide. L’accès est libre et permanent.
Le château Woolsack ne se visite pas
Autant le dire tout de suite, parce que la plupart des pages consacrées au lac laissent planer le doute. Le château est une propriété privée, fermée au public, sans journée portes ouvertes ni visite guidée. On le regarde depuis le sentier du tour du lac, qui passe devant : la façade de brique à colombages et le grand escalier qui descend vers la terrasse au bord de l’eau se voient très bien, le reste non.
Hugh Grosvenor, deuxième duc de Westminster, l’a fait bâtir en 1911 comme pavillon de chasse, sur un domaine boisé de plus de dix hectares acheté au bord de l’étang. Le nom vient de The Woolsack, la maison de Rudyard Kipling au Cap, dont le bâtiment reprend le dessin. Herbert Baker en avait signé les plans d’origine ; Detmar Blow et Fernand Billerey les ont adaptés pour les Landes. D’où cette silhouette qui ne ressemble à rien d’autre dans la région, quelque part entre la maison de campagne anglaise et l’architecture coloniale du Cap.
Le duc y a reçu jusqu’en 1940. Coco Chanel y a passé ses étés de 1924 à 1930 ; Winston Churchill, Charlie Chaplin, Salvador Dalí et le roi Alphonse XIII d’Espagne ont traversé ses pelouses. Des officiers allemands ont occupé les lieux de 1940 à 1944. Un incendie a ravagé le bâtiment le 23 février 1947. Roger Sargos l’a racheté en 1955 et en a relevé les trois quarts ; le groupe Gascogne y a tenu des séminaires dans les années 1980. Depuis 2007, un couple britannique en est propriétaire et reconstruit les parties manquantes d’après les plans d’origine retrouvés au Victoria and Albert Museum de Londres. L’adresse est avenue de Woolsack, à Mimizan.
Pêcher et mettre un bateau à l’eau
Le lac relève de la deuxième catégorie piscicole. Brochet, sandre, black-bass, perche et cyprinidés y cohabitent, avec des tailles minimales de capture fixées à 60 centimètres pour le brochet et 50 pour le sandre, et un quota de six carnassiers par jour et par pêcheur. Quatre cannes au maximum. La pêche de nuit depuis un bateau est interdite. Une réserve temporaire protège les frayères du secteur de la Mare, au nord-ouest de la promenade fleurie, de l’ouverture du carnassier au 30 juin inclus.
Naviguer demande une vignette annuelle délivrée par la communauté de communes de Mimizan, à demander par courriel ou par téléphone auprès du service navigation. La puissance des moteurs est plafonnée à 9,9 chevaux et la vitesse à 10 kilomètres à l’heure, de jour uniquement. Plusieurs mises à l’eau gratuites existent, de part et d’autre de la plage, avec des parkings dimensionnés pour les remorques. Un ponton de pêche accessible aux personnes à mobilité réduite, avec cheminement et stationnement adaptés, a été aménagé côté Mimizan.
Un plan d’eau classé depuis 1964
L’étang couvre 331,7 hectares, s’étire sur 3,5 kilomètres et plonge à huit mètres au plus profond. Il reçoit le ruisseau de l’Escource, celui de Canteloup et le courant de Sainte-Eulalie, qui lui apporte l’eau des lacs situés plus au nord. Il se vide par le courant de Mimizan, sept kilomètres de cours d’eau côtier jusqu’à l’océan. Ce débouché fait sa particularité parmi les grands lacs de l’arrière-dune : la masse d’eau se renouvelle entièrement en une semaine.
La protection est ancienne et double. Le plan d’eau a été classé au titre des sites par arrêté du 20 avril 1964, pour 331,723 hectares exactement. Les abords ont suivi le 18 juillet 1978, sur 281,352 hectares supplémentaires, avec une largeur qui varie selon l’occupation du sol. Depuis, l’étang est intégré à la zone spéciale de conservation Natura 2000 des zones humides de l’arrière-dune des pays de Born et de Buch, 12 890 hectares désignés par arrêté du 28 janvier 2016.
Ce statut a des conséquences visibles depuis le chemin : les rives restent boisées, les constructions sont rares, et les roselières du côté de Saint-Paul-en-Born ne sont pas entretenues comme un parc. La loutre d’Europe fréquente les berges, le vison d’Europe aussi, plus rarement observé. L’isoète de Bory, petite fougère aquatique, ne pousse que dans ces lacs landais. Dix-sept espèces de poissons peuplent l’étang. Hérons, aigrettes et martins-pêcheurs se laissent voir tôt le matin, surtout dans l’anse de la promenade fleurie. Le tour du lac figure parmi les itinéraires de plein air des Landes et du Pays Basque qui se font en une demi-journée sans matériel particulier.