Le Pays Basque et les Landes, côté terrainBayonne · Biarritz · Dax · Saint-Jean-de-Luz
Nature LandesPays Basque
Sentier de crête dans les Pyrénées basques, au-dessus d'une mer de nuages

Le dossier

Les Landes et le Pays Basque à pied, à vélo et en plein air

11 min de lecture

La forêt de pins d'un côté, les crêtes pyrénéennes de l'autre, 160 kilomètres de piste cyclable entre les deux. Quelles pistes saturent en août, quels sentiers restent calmes en pleine saison, où aller chercher de la pente et du vide. On dit ce qui vaut le déplacement, ce qui déçoit, et à quelle saison venir.

Septembre, tôt le matin. Sur la Vélodyssée, la brume s'accroche encore aux pins maritimes et l'air sent la résine et l'océan tout proche. Plus au sud, au col de Lizarrieta, des vautours fauves tournent au-dessus des crêtes basques. On vit ici, entre l'Atlantique et les premiers contreforts pyrénéens. On sait quelles pistes saturent en août, et lesquelles restent vides en juillet. Ce guide déroule les meilleurs itinéraires à vélo, puis les sentiers de randonnée, du littoral aux sommets herbeux où paissent les brebis. Le reste ferme la marche, pour qui cherche de l'adrénaline. Ce qui vaut le coup, ce qui déçoit, quand venir.

Les Landes et le Pays Basque à vélo : pistes cyclables et routes oubliées

La Vélodyssée : l'épine dorsale cyclable du littoral

La Vélodyssée, c'est l'autoroute douce de la côte Atlantique. Le tronçon landais et basque longe le littoral sur plus de 160 kilomètres, de Biscarrosse à Bayonne, puis continue vers Hendaye. C'est plat. Un dénivelé en miettes, à portée des familles avec enfants comme des cyclistes du dimanche. Signalisation claire, voies sécurisées presque partout, loin des voitures. On roule entre forêt de pins et océan, par Mimizan, Léon, Vieux-Boucau, Seignosse, Hossegor, Capbreton. Chaque station balnéaire a son caractère : l'ambiance surf à Hossegor, le port de pêche à Capbreton, les villas Belle Époque à Biarritz.

Le piège, c'est l'été. En juillet-août, la piste tourne au périphérique : vélos électriques, remorques à enfants, groupes de touristes qui pédalent en zigzag. Pour rouler tranquille, visez mai-juin ou septembre-octobre, et partez tôt, quand les boulangeries de village ouvrent à peine. La piste reste roulante jusqu'à 10 heures : ensuite, elle se remplit. Les haltes font la journée : marchés pour refaire le plein de fruits, plage pour la baignade, petit bar face à l'océan.

La Scandibérique et les voies vertes en terre landaise

La Scandibérique traverse les Landes en diagonale, du nord-est au sud-ouest, sur 177 kilomètres, et ne ressemble en rien à sa voisine du littoral. Exit les planches et les bikinis. On roule dans l'Armagnac, puis en forêt et le long de l'Adour, de Mont-de-Marsan à Dax, par des villages où le temps semble s'être arrêté : Labastide-d'Armagnac, Villeneuve-de-Marsan, Tartas. Plus bas, Pontonx-sur-Adour, Saubusse et Urt n'ont rien de touristique, et c'est ce qui les rend agréables.

L'itinéraire est balisé, sécurisé sur de longs tronçons, et jalonné d'adresses labellisées Accueil Vélo. En clair : hébergements avec local à vélos, kit de réparation, petit-déjeuner copieux. Ça change tout sur un séjour itinérant. Les voies vertes aménagées sur d'anciennes lignes de chemin de fer complètent le réseau. Plates, ombragées, elles se roulent avec des enfants sans y penser, et se combinent en boucles. La fréquentation reste raisonnable même en pleine saison, sauf aux abords des lacs les plus connus.

Les routes de l'arrière-pays : de la Chalosse aux villages basques

Pour qui aime grimper, l'arrière-pays change la donne. Les petites routes serpentent dans les vallées intérieures, montent sur les collines de la Chalosse, traversent le Pays de Bidache, s'enfoncent dans la vallée des Aldudes. Le dénivelé devient sérieux : de 500 à 1000 mètres par sortie quand on vise large. La circulation, elle, reste faible. On croise plus de tracteurs que de voitures.

Les villages alignent leurs maisons blanches à colombages rouges ou verts : Ainhoa, Sare, Saint-Jean-Pied-de-Port. Chacun mérite l'arrêt, ne serait-ce que pour remplir sa gourde à la fontaine. Des producteurs de fromage ouvrent parfois leurs portes, et les marchés paysans du samedi matin débordent de produits locaux. Entre les villages, en revanche, les commerces se font rares : partez avec de l'eau en quantité et des barres énergétiques dans la sacoche.

Le col d'Ispéguy et le col de Saint-Ignace paient l'effort : le premier ouvre sur la Navarre, le second sur la Rhune. La montée d'Ispéguy demande de l'entraînement. Le sommet se prête au pique-nique, sandwich au jambon de Bayonne et vue à 360 degrés.

Randonnées pédestres : du sable aux sommets

Le sentier du littoral : de Bidart à Hendaye

Le sentier du littoral basque déroule ses 25 kilomètres entre Bidart et Hendaye. C'est l'une des plus belles balades côtières du Sud-Ouest. On marche au bord des falaises, l'océan gronde en contrebas, les embruns montent par rafales. Le parcours alterne plages de sable fin (Bidart, Guéthary, Saint-Jean-de-Luz) et promontoires rocheux d'où la vue porte jusqu'aux côtes espagnoles par temps clair, Pyrénées découpées à l'horizon.

Plusieurs tronçons se suivent, et on taille sa journée à sa forme. Certains segments passent par des escaliers creusés dans la roche, d'autres longent des villas cossues avant de redescendre vers des criques discrètes. Hors saison, on marche dans un calme presque méditatif ; en juillet-août, les passages près de Biarritz tiennent de l'autoroute piétonne. Partir tôt reste la meilleure parade : lumière rasante sur l'océan, touristes encore couchés. Prévoyez de l'eau et de la crème solaire, l'ombre se fait rare. Depuis Bayonne, les transports en commun desservent bien la côte, de quoi marcher en linéaire sans se soucier du retour.

Les chemins de l'intérieur : forêts, lacs et vallées secrètes

À l'intérieur des terres landaises, les sentiers se faufilent entre les pins et longent les lacs, dans un silence que seuls les oiseaux rompent. Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne compte un réseau dense de chemins balisés, ouverts à tous les niveaux. Plus au sud, hors de son périmètre, les lacs d'Hossegor, de Soustons et de Léon ouvrent des boucles familiales de 2 à 3 heures, plates et ombragées. Parfait avec des enfants.

L'odeur de résine imprègne l'air, surtout l'été quand le soleil chauffe les troncs. Les sous-bois restent frais en pleine chaleur : un refuge quand le thermomètre grimpe sur la côte. Sangliers et chevreuils se montrent parfois, les oiseaux tout le temps. Sentiers entretenus, balises régulières : se perdre demande de l'application.

Plus au sud, les montagnes basques intérieures, de la vallée de Baïgorry à la forêt d'Iraty, jouent une autre partition. Les hêtraies remplacent les pins, les prairies s'étagent jusqu'aux crêtes, les ruisseaux dévalent les pentes. L'altitude reste modeste au regard des Pyrénées centrales, mais le caractère montagnard s'affirme vite. Des boucles de 3 à 5 heures suffisent sans épuiser personne. Troupeaux de brebis, bergeries de pierre, parfois un berger qui surveille ses bêtes d'un œil tranquille.

Les sommets basques : de la Rhune au Mondarrain

La Rhune, c'est le sommet le plus couru du Pays Basque. De ses 905 mètres, la vue s'ouvre sur l'océan, les Pyrénées et la côte espagnole. Deux façons d'y aller : le petit train à crémaillère, pratique avec des enfants ou pour ménager ses genoux, ou les sentiers qui partent du col de Saint-Ignace, de Sare et d'Ascain. Comptez deux heures de montée et 700 mètres de dénivelé positif depuis le col, une heure de plus depuis le village de Sare. Le sommet a son lot de touristes, surtout en été. L'ascension, elle, reste agréable et les paysages superbes.

Le pic du Mondarrain attire beaucoup moins de monde. Ses 749 mètres dominent la vallée de la Nive, entre Itxassou et Espelette, et ouvrent une vue circulaire jusqu'à l'océan. La prairie sommitale sert de terrain de jeu aux vautours, qui planent sans effort dans les courants ascendants. Le sentier monte depuis Itxassou, bien balisé, à la portée d'un randonneur régulier. On achète du fromage à la ferme en redescendant. Il se retient longtemps.

Le col d'Organbidexka vaut le déplacement en automne. Des milliers de palombes et d'autres oiseaux migrateurs franchissent les Pyrénées à cet endroit précis. Le spectacle est gratuit et ouvert à tous. Un quart d'heure de marche depuis le parking des chalets d'Iraty place au premier rang. Évitez les jours de brouillard, fréquents dans ces montagnes : sans la vue, il ne reste pas grand-chose. Printemps et automne restent les meilleures fenêtres : les couleurs explosent, la lumière sculpte les reliefs.

VTT et sports nature : pour ceux qui aiment la boue

Les circuits VTT dans la forêt landaise

La forêt landaise est un terrain de jeu immense pour les vététistes. Des circuits balisés sillonnent les sous-bois : vert et bleu pour débuter, rouge pour les confirmés, noir pour ceux qui cherchent le défi. Les terrains varient. Sable, chemins forestiers, racines qui serpentent en travers du sentier. Ça glisse, ça accroche, et il faut un minimum de technique.

Les bases VTT autour de Mimizan, Biscarrosse et Seignosse proposent des parcours bien tracés, avec parkings, panneaux d'information, parfois des ateliers pour s'entraîner. L'ambiance est particulière : le silence de la forêt, le vent dans les branches, le crissement des pneus sur le sable. Des pneus adaptés au terrain sablonneux ne se discutent pas, les pneus route glissent et s'enfoncent. Prudence aussi avec les racines affleurantes, qui font tomber les distraits.

Escalade, canyoning et sports d'eau vive au Pays Basque

Quand les sentiers ne suffisent plus, le Pays Basque a d'autres terrains. L'escalade se pratique sur des sites naturels de l'arrière-pays, falaises calcaires percées de voies de tous niveaux. Le canyoning dans les torrents de montagne se joue autrement : descente en rappel le long des cascades, sauts dans les vasques, nage en eau vive. Bidarray, Itxassou et la haute Soule concentrent les spots les plus réputés. Ces activités demandent un encadrement professionnel. Ne partez pas seul sans formation ni équipement adapté.

La passerelle d'Holzarte, en Haute-Soule, donne des sensations fortes sans matériel ni encadrement. Soixante-dix mètres de planches suspendues à 150 mètres au-dessus des gorges, en accès libre, au bout d'un sentier qui monte sec depuis le fond de la vallée. À fuir quand on a le vertige, à faire absolument sinon. Le surf et le stand-up paddle tiennent le haut du pavé sur la côte, mais ce guide reste sur les activités terrestres. Les vagues d'Hossegor attirent les surfeurs du monde entier, et les lacs landais offrent des conditions idéales pour apprendre le paddle.

Préparer sa sortie : conseils pratiques et saisonnalité

Quand partir : la météo et les saisons

Le climat atlantique est doux toute l'année, avec son lot de caprices. La côte reste tempérée même en hiver, rarement en dessous de 5°C, mais la pluie tombe régulièrement d'octobre à mars. Côté montagne, c'est plus rude : neige possible dès novembre, brouillard fréquent, températures négatives au sommet des cols.

Les meilleures périodes sont mai-juin et septembre-octobre. Météo clémente, 15 à 25°C, de quoi forcer sans cuire, et une fréquentation raisonnable. Les fleurs tapissent les prairies au printemps ; en automne, les hêtres virent au rouge et or. Juillet-août, c'est la chaleur et la foule : plages saturées, pistes cyclables bondées, parkings pleins dès 10 heures du matin. Sans latitude sur les dates, sortez le matin et visez l'arrière-pays plutôt que la côte. L'hiver a son charme pour qui accepte la pluie. Les paysages deviennent dramatiques, personne ne passe sur les sentiers, et l'océan déchaîné se regarde des heures.

Équipement et logistique

L'équipement dépend de l'activité, mais quelques basiques ne se négocient pas. Pour le vélo, la location existe partout : les structures labellisées Accueil Vélo louent des vélos classiques, électriques et des VTT, souvent en bon état. Avec votre propre monture, vérifiez freins et pneus avant de partir. En randonnée de montagne, les chaussures montantes s'imposent, les chevilles travaillent sur les sentiers caillouteux. Sur la côte, des baskets font l'affaire. Les vêtements de pluie, eux, restent au fond du sac par principe : même par beau temps, une averse peut surgir en vingt minutes.

Côté logistique, la voiture reste le plus simple, avec l'écueil des parkings payants l'été sur la côte. Les transports en commun fonctionnent bien entre Bayonne et Hendaye, beaucoup moins dans l'arrière-pays, où certains départs de randonnée réclament un véhicule. Les cartes IGN au 1/25000 gardent toute leur utilité : les applications comme Visorando ou IGNrando proposent des traces téléchargeables, mais le réseau passe mal en montagne. Le casse-croûte compte autant : fromage, saucisson, pain frais et une pomme.

Respecter les lieux : règles de bon sens et environnement

Quelques principes suffisent à préserver ces territoires fragiles. Restez sur les sentiers balisés : les raccourcis créent de l'érosion et dérangent la faune. Ne cueillez pas de fleurs, certaines espèces sont protégées et leur reproduction dépend de ces graines. Ramassez vos déchets, y compris les biodégradables. Une peau de banane met deux ans à se décomposer en altitude.

Le respect des troupeaux compte au moins autant. Refermez systématiquement les barrières derrière vous. Face à des brebis, tenez votre chien en laisse. Contournez largement. Sur le littoral, ne marchez pas sur la végétation dunaire, ces plantes stabilisent le sable et freinent l'érosion.

En montagne, limitez le bruit. Les animaux sauvages ont besoin de tranquillité, surtout en période de reproduction. Sur les chemins partagés, cyclistes, randonneurs et cavaliers cohabitent : un sourire et un bonjour suffisent à éviter les frictions. On aimerait retrouver ce territoire intact la prochaine fois.

Où dormir et où manger en mode plein air

Hébergements adaptés aux sportifs

Les campings sont légion dans les Landes, du municipal sans prétention au quatre étoiles avec piscine et animations. Pour un cycliste itinérant ou une famille, ils font le travail : emplacements ombragés, services adaptés. Les gîtes d'étape jalonnent les chemins de Saint-Jacques et les voies cyclables. Dortoirs ou chambres simples, ambiance conviviale, repas partagés le soir : c'est là qu'on rencontre les autres marcheurs et cyclistes.

Les chambres d'hôtes labellisées Accueil Vélo ajoutent le local à vélos sécurisé, de quoi laver et sécher les vêtements techniques, un petit-déjeuner copieux pour attaquer la journée. En montagne basque, les gîtes d'étape existent, celui des chalets d'Iraty par exemple, mais ils restent rares. Le vrai critère de choix, c'est la localisation : vallée de Baïgorry pour un camp de base montagne, secteur Hossegor-Capbreton pour le littoral, Dax ou Saint-Paul-lès-Dax pour rayonner depuis un point central.

Se ravitailler et manger local

Les marchés locaux sont des mines d'or pour composer ses pique-niques. Produits frais, fromages fermiers, charcuterie artisanale, fruits de saison : on remplit son sac pour la semaine à prix raisonnables. Les petites boulangeries de village produisent encore leur pain sur place, et l'odeur du matin justifie à elle seule le crochet. Ne repartez pas sans un gâteau basque pour la fin d'étape.

Les restaurants de producteurs et les fermes-auberges servent une cuisine simple et généreuse, souvent tirée de la ferme. Réservez : ces adresses sont prisées des locaux. En randonnée, le jambon de Bayonne et le fromage de brebis font le repas : ils tiennent dans le sac, se conservent, et un bout de pain complète le tout. Après une journée dehors, les bars-restaurants de village sortent des plats du jour copieux et honnêtes. Pas de gastronomie étoilée ici, du ravitaillement intelligent.

Activité Meilleure saison Niveau requis Durée moyenne
Vélodyssée Mai-juin, septembre Facile 3 à 5 jours
Sentier du littoral Printemps, automne Moyen 1 journée
Rhune Avril-octobre Moyen 3 à 4 heures
VTT forêt landaise Toute l'année Variable 2 à 3 heures
Routes arrière-pays Mai-juin, septembre Sportif 4 à 6 heures