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Sommet rocheux du Mondarrain, vue plongeante sur la vallée et l'océan

Le pic du Mondarrain, le sommet discret du Labourd

12 min de lecture

On l'appelle le Mondarrain, le pic du Mondarrain, parfois le mont Mondarrain : c'est le même sommet pyramidal de 749 mètres, entre Itxassou et Espelette. La Rhune attire les foules, lui non. Vaches betizu en liberté, pottoks, vue à 360 degrés jusqu'à l'océan. La montée la plus courte prend une heure depuis le col de Legarré ; la plus longue, six heures depuis Espelette.

La Rhune a la réputation. Le pic du Mondarrain a la place. À quelques kilomètres de là, entre Itxassou et Espelette, il dresse sa silhouette pyramidale à 749 mètres, et depuis le sommet la vue fait le tour complet de l'horizon : la côte d'un côté, les montagnes navarraises de l'autre. On y croise des betizu (ces petites vaches sauvages basques), des pottoks, et parfois des grimpeurs accrochés à la paroi nord. Certains montent y dormir pour le lever du soleil sur l'Atlantique. La montée ne demande aucune technique particulière, juste des jambes et des chaussures correctes, ce qui explique qu'on y trouve des familles entières un dimanche de mai.

Le pic du Mondarrain, géographie d'un sommet discret

Position et caractéristiques du massif

Le Mondarrain se situe sur la commune d'Itxassou, à la limite d'Espelette. Sa forme pyramidale le rend reconnaissable de loin. Depuis la vallée de la Nive, on repère son profil sans hésiter, et c'est ce qui en fait un repère pour les gens du coin autant que pour les randonneurs. À 749 mètres, il ne rivalise avec aucun géant pyrénéen, mais il est placé là où il faut pour voir loin.

Autour de lui : l'Artzamendi (926 m), le Baïgura (897 m), l'Ursuya (678 m). Le Mondarrain se distingue par sa verticalité. Là où les autres sommets du Labourd s'arrondissent, lui monte franchement, au point d'accueillir un site d'escalade sur sa face nord. Le massif marque le passage entre les collines douces du Labourd côtier et les reliefs plus raides qui annoncent les Pyrénées navarraises. Pâturages d'altitude, fougères jusqu'à la taille, crêtes ventées.

Un site classé Natura 2000

Le Mondarrain est classé Natura 2000. Le classement reconnaît une faune et une flore particulières, et il change deux ou trois choses pour qui monte. Les betizu, petites vaches noires semi-sauvages, paissent en liberté sur les pentes. Elles sont là toute l'année. On les voit en troupeau, méfiantes, qui gardent leurs distances.

Les pottoks, ces chevaux trapus à robe sombre, partagent le terrain. Plus haut, les vautours fauves tournent au-dessus des crêtes. Des panneaux jalonnent les sentiers et rappellent les règles : ne pas déranger les animaux, rester sur les chemins balisés, ne rien laisser. Rien d'insurmontable, mais ça suppose de savoir qu'on marche chez quelqu'un d'autre. Et franchement, croiser un troupeau de betizu à flanc de montagne vaut mieux qu'un panneau explicatif.

Les différents itinéraires pour atteindre le sommet

Depuis le col de Legarré, la montée la plus courte et la plus facile

C'est l'option la plus fréquentée, et c'est la randonnée facile du Mondarrain. Depuis Cambo-les-Bains, la D349 grimpe jusqu'au col de Legarré (Legarreko Lepoa en basque), à environ 540 mètres d'altitude. Le parking accueille une quinzaine de véhicules. Arrivez tôt en saison. De là, comptez 1h à 1h30 de montée pour 200 mètres de dénivelé.

Le sentier est balisé en jaune, bien marqué. Il traverse les fougères, puis rejoint la crête où le sol devient rocailleux. Rien de technique. Des chaussures de randonnée correctes suffisent, et l'itinéraire convient aux familles avec des enfants habitués à marcher, à ceux qui découvrent la randonnée en montagne basque, ou aux jours où on veut le sommet sans y laisser ses jambes. La pente reste modérée, le chemin évident. Un seul point d'attention : par temps humide, les passages dans les fougères glissent. C'est une balade plus qu'une ascension, et le panorama d'en haut est le même que pour les autres.

Depuis Itxassou par Sudurrenea, l'itinéraire sportif

Pour ceux qui préfèrent gagner leur sommet, le départ se prend au village. On part de 60 mètres d'altitude pour monter à 749. Près de 700 mètres de dénivelé, 2h30 à 3h de montée selon le rythme.

L'itinéraire attaque par la face nord, celle de l'escalade. La progression est plus soutenue, le terrain parfois plus technique, et on passe au pied des parois où les cordées travaillent. Cette approche s'adresse aux randonneurs habitués à l'effort, ceux que les départs en altitude laissent sur leur faim. Elle a un autre avantage : on traverse Itxassou, ses maisons blanches aux volets rouges, avant de s'enfoncer dans la montagne. Le retour se fait par le même chemin, ou en boucle par le col de Legarré, auquel cas il faut récupérer la voiture par la route ou prévoir deux véhicules.

Depuis Espelette, la grande boucle

La boucle depuis Espelette enchaîne le Mondarrain et le pic d'Ourrezti (690 m). Environ 15 kilomètres, 900 mètres de dénivelé cumulé, 5 à 6 heures de marche. C'est une journée entière, et elle demande d'être un peu entraîné.

Le tracé passe par le col des Trois Croix, le hameau de Mehatsea, puis grimpe vers l'Ourrezti avant de rejoindre le Mondarrain. Le retour redescend sur Espelette par le col de Legarré. On y traverse des paysages qui changent tous les quarts d'heure : pâturages avec les troupeaux, crêtes battues par le vent, zones boisées, et pour finir ces deux sommets d'où l'on voit tout le Pays Basque. Enchaîner deux sommets dans la journée procure une satisfaction que la montée courte ne donne pas, celle d'avoir vraiment traversé le territoire. Et terminer par la visite d'Espelette, guirlandes de piment sur les façades, producteurs ouverts en fin de journée, ça se mérite. Niveau intermédiaire à confirmé. Pas des athlètes, des gens qui ont l'habitude de marcher plusieurs heures.

Les autres départs : Ainhoa, le col des Trois Croix, Bidarray

Trois itinéraires suffisent à la plupart des gens, mais le pic du Mondarrain se prend par bien d'autres côtés. Depuis Ainhoa, comptez la journée : environ huit heures aller-retour, en passant par la chapelle de l'Aubépine (388 m), le mont Erebi (583 m), le col des Trois Croix (513 m) et l'Atxulegi (616 m). C'est la version longue, celle qui traverse tout le chaînon.

Le col des Trois Croix se prend aussi comme point de départ direct, pour une boucle d'environ trois heures. Et depuis Espelette, une variante par le Zuharretako Lepoa allonge la boucle classique à 18 kilomètres pour 945 mètres de dénivelé. Bidarray et le col de Méhatché ouvrent d'autres accès, plus confidentiels. Le point commun de toutes ces versions : elles montent au même sommet, et aucune ne demande de matériel.

Au sommet : ce que vous découvrirez

Le panorama à 360 degrés

Du sommet, la vue fait le tour complet, y compris pour qui a pris l'itinéraire court. Par temps clair, la vue couvre tout le Pays Basque. Vers l'ouest, la côte se déroule : Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye. L'Atlantique brille jusqu'à l'horizon. La Rhune et son petit train se profilent au sud-ouest.

En pivotant vers le sud, on embrasse les sommets du Labourd et de Navarre : l'Artzamendi tout proche, le Baïgura, l'Ursuya, et plus loin les montagnes navarraises qui marquent la frontière. Vers l'est, les Pyrénées béarnaises se devinent par beau temps. Au nord, la vallée de la Nive s'étale en contrebas, un patchwork de prés verts et de villages blancs. Ce qui frappe, c'est le nombre de paysages différents qu'on tient dans un seul regard : l'océan et ses plages, les collines agricoles, la montagne sauvage. Prenez une carte ou une application de repérage. Nommer chaque sommet fait partie du plaisir.

L'aménagement du sommet

Le sommet est resté nu. Pas de refuge, pas de buvette, aucune construction. Quelques replats permettent de s'installer pour pique-niquer, ou de planter une tente. Une table d'orientation aide à identifier les sommets visibles, quand elle n'a pas été effacée par les intempéries.

Le vent souffle souvent sur la crête. Prévoyez une veste coupe-vent même par beau temps. L'ambiance change selon les jours. En semaine hors saison, vous pouvez rester seul là-haut, avec pour seul bruit le cri des vautours. Le week-end en belle saison, il y a du monde, sans commune mesure avec la Rhune. Des familles, des groupes, parfois des grimpeurs qui montent bivouaquer après leur journée sur la paroi. Cet équilibre fait beaucoup pour le charme de l'endroit : assez de monde pour échanger deux mots, pas assez pour que ça devienne un lieu de passage.

Escalade et bivouac au Mondarrain

Le site d'escalade de la face nord

Le Mondarrain est aussi un site d'escalade connu au Pays Basque. La face nord offre des voies de plusieurs niveaux sur un calcaire compact. L'exposition nord garde le rocher frais même en été, ce qui explique qu'on y grimpe toute la saison.

Pour les randonneurs qui ne grimpent pas, les deux activités cohabitent sans problème. Les sentiers passent au pied de la zone d'escalade. Voir des silhouettes progresser sur la paroi ajoute une dimension au massif, et rappelle qu'une montagne se pratique de plusieurs façons. Les topos locaux détaillent les voies, pour qui grimpe.

Bivouaquer au sommet

Le bivouac au Mondarrain est toléré, pas autorisé. La nuance compte. Si vous respectez les règles du bivouac discret (installation après 19h, départ avant 9h, aucune trace), personne ne viendra vous déloger. Ce n'est pas pour autant un terrain de camping libre.

Les replats du sommet accueillent une tente légère. L'expérience vaut le détour : le coucher de soleil sur l'océan, la nuit étoilée avec peu de pollution lumineuse, et au matin la mer de nuages qui remplit la vallée pendant que les sommets émergent. On se réveille au-dessus de tout. Quelques règles : remportez ce que vous avez monté, déchets organiques compris, ne faites pas de feu, laissez le lieu tranquille. Vérifiez la météo avant de partir. Une nuit sous l'orage à cette altitude n'a rien de romantique et peut mal tourner. Le Mondarrain reste une montagne, avec son vent et ses sautes d'humeur.

Informations pratiques pour votre randonnée

Accès et stationnement

Les accès diffèrent selon l'itinéraire. Pour le col de Legarré, depuis Cambo-les-Bains, prenez la D349 vers Itxassou puis suivez les panneaux Legarreko Lepoa. La route est étroite et sinueuse, comme toutes les routes de montagne basque. Les croisements se négocient.

Reste le stationnement, et c'est le point qui gâche le plus de départs. Le parking du col est petit, une quinzaine de places. Se garer le long de la route est interdit, et les véhicules en infraction sont enlevés. Le parking suivant se trouve à environ 1,3 kilomètre en contrebas, ce qui ajoute une vingtaine de minutes de marche à l'aller comme au retour. Un samedi de mai à 10h, la place au col est déjà prise.

Pour un départ d'Itxassou, garez-vous au village, près de la mairie ou de l'église, et suivez les panneaux Sudurrenea. Depuis Espelette, le grand parking de la mairie fait le point de départ de la boucle. Le conseil qui change tout : arrivez tôt, surtout les week-ends de printemps et d'automne. Partir à 8h plutôt qu'à 11h, c'est trouver une place, marcher au calme et éviter la chaleur sur les crêtes. Et respectez les propriétés : pas de stationnement devant les portails ni sur les passages agricoles.

Équipement et préparation

L'équipement est celui de n'importe quelle randonnée. Des chaussures montantes ou semi-montantes, pas des baskets, surtout si le terrain est humide. Il pleut beaucoup au Pays Basque et les sentiers restent glissants plusieurs jours après une averse.

Prévoyez des couches : tee-shirt respirant, polaire, coupe-vent imperméable. La météo tourne vite en montagne. On part au soleil, on arrive dans le brouillard. Emportez de l'eau, il n'y a aucun point d'eau potable sur les parcours, un ou deux litres par personne selon la saison et l'itinéraire. Crème solaire, casquette et lunettes même par temps couvert. Les bâtons aident surtout à la descente, celle qui abîme les genoux.

Aucune compétence technique n'est requise sur les itinéraires classiques, mais il faut tenir debout quelques heures. Si vous n'avez jamais randonné, prenez le départ du col de Legarré. La carte IGN TOP 25 1345 OT (Cambo-les-Bains, Hasparren) couvre le secteur, utile si vous naviguez à l'ancienne ou si votre téléphone lâche. Le sommet est à 43° 18′ 10″ N, 1° 25′ 56″ O.

Itinéraire Dénivelé Durée montée Niveau
Col de Legarré 200 m 1h-1h30 Facile
Itxassou (Sudurrenea) 700 m 2h30-3h Intermédiaire
Boucle Espelette 900 m 5h-6h (total) Intermédiaire+

Meilleure période et conditions météo

On monte au Mondarrain toute l'année, mais pas avec le même plaisir. Le printemps, avril-mai, donne des pentes vertes, les fougères déroulent leurs crosses, les fleurs couvrent le sol. L'automne, septembre-octobre, apporte une lumière dorée et la migration des palombes, spectacle aérien qu'on attrape si on tombe au bon moment.

L'été, franchement, non. Juillet-août cumulent la chaleur sur des crêtes sans ombre et la fréquentation. Reste l'aube, pour qui n'a que ces semaines-là. Vraiment à l'aube, pas à 9h. L'hiver reste praticable, mais boueux, souvent bouché, avec des journées courtes, et le panorama disparaît dans la grisaille.

La météo basque fait ce qu'elle veut. Regardez les prévisions, sans y croire tout à fait. Le brouillard remonte de la vallée et avale le sommet en quelques minutes. Si les nuages arrivent et que la visibilité tombe, redescendez. Le Mondarrain sera encore là la semaine prochaine, et marcher dans le brouillard revient à se priver de ce pour quoi on est monté.

Respecter la faune sauvage et les troupeaux

Les betizu imposent quelques règles simples. Ces vaches ne sont pas agressives, mais elles restent méfiantes et protègent leurs veaux. Observez-les à distance, une cinquantaine de mètres, sans jamais chercher à les approcher ni à les toucher. Ne vous mettez pas entre une vache et son petit, elle chargerait. Si un troupeau bloque le sentier, contournez-le largement.

Même chose pour les pottoks : ce ne sont pas des animaux domestiques, malgré l'air qu'ils ont. On ne les caresse pas, on ne les nourrit pas. Les chiens de protection, patous en tête, impressionnent par leur taille et leurs aboiements. Restez calme, ne courez pas, parlez posément, contournez le troupeau sans geste brusque. Ils font leur travail.

Les vautours fauves tournent souvent au-dessus du Mondarrain et ne demandent aucune précaution : ils ne s'intéressent pas aux randonneurs vivants. Le principe général tient en trois mots : on est chez eux. Pas de cris, pas de musique, pas de déchets. Le classement Natura 2000 le rappelle par écrit, mais ça se comprend sans panneau.

Prolonger l'expérience autour du Mondarrain

Les villages à découvrir

Redescendre et filer sur l'autoroute serait dommage. Les villages autour valent une heure ou deux. Itxassou d'abord, le village des cerises. Fin mai, début juin, les cerises noires font la fierté locale. Le reste de l'année, il reste les maisons labourdines et les producteurs de fromage de brebis.

Espelette ensuite, avec ses guirlandes de piment sur les façades blanches. Oui, c'est touristique. Oui, toutes les boutiques vendent du piment. Le village tient quand même debout derrière le folklore : son architecture, son église fortifiée, son fronton. Quelques producteurs sérieux vendent du piment d'Espelette AOP, pas la poudre anonyme des rayons.

Ainhoa, si vous arrivez par le sud, figure parmi les plus beaux villages de France, et la distinction se voit : les maisons labourdines s'alignent le long de la rue principale avec une régularité rare. Combiner la marche et les villages change la journée. On ne vient plus seulement marcher, on découvre un pays, une histoire, une cuisine. Les restaurants servent l'axoa, la piperade, le fromage de brebis, le gâteau basque. Après quatre heures de montée, ça prend un autre goût.

Enchaîner avec l'Artzamendi

Pour ceux qui trouvent le Mondarrain trop court, il existe la traversée Mondarrain-Artzamendi. Environ 20 kilomètres, 1 200 mètres de dénivelé cumulé. Une vraie journée, qui demande de l'entraînement et un peu d'expérience en montagne.

Deux sommets d'ambiances différentes, des paysages plus vastes, la satisfaction d'une traversée menée au bout. L'Artzamendi, 926 mètres, ouvre une vue plus large encore sur les Pyrénées navarraises. Le restaurant Esteben Borda, à mi-parcours, permet de refaire le plein entre les deux sommets.

Cette option s'adresse aux randonneurs aguerris, ceux qui aiment les longues sorties. Ce n'est plus une balade familiale. Partez très tôt, emportez de l'eau et de quoi manger, vérifiez la météo sérieusement. Et prévoyez une navette ou deux voitures, sauf à vouloir rentrer à pied au point de départ.