
Les lacs landais, d'Hossegor à Léon
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Entre le cordon dunaire et la forêt de pins, l'eau reste plate pendant que l'Atlantique déroule ses rouleaux à quelques centaines de mètres. Elle se réchauffe plus vite, aussi. Le lac d'Hossegor communique avec la mer et suit les marées, Soustons se traverse en pédalo, Léon débouche sur le courant d'Huchet. On remonte du sud vers le nord.
L'eau est lisse ce matin-là, la brume se lève doucement au-dessus. L'océan est à quelques centaines de mètres et on l'entend à peine. Les lacs landais tiennent tout entiers dans cet écart : des plans d'eau coincés entre le cordon dunaire et la forêt de pins, retenus là par le sable que l'Atlantique a poussé pendant des millénaires. Celui d'Hossegor fait bande à part, l'océan y entre à chaque marée et son eau est salée. Entre Hossegor et Léon, ils se suivent, plus petits et plus discrets que Sanguinet ou Biscarrosse. L'eau y monte vite en température, la surface reste plate, aucune vague ne vient renverser personne. On remonte du sud vers le nord, lac par lac, avec ce qu'on peut y faire.
Le lac marin d'Hossegor : quand l'océan entre dans les terres
Un lac qui suit la marée
Hossegor a un lac marin. Il communique avec l'océan par le canal du Boudigau et monte et descend avec la marée. L'eau y est salée, on y croise des poissons de mer, mais rien ne déferle. On nage donc dans une eau iodée sans se faire bousculer, à une température plus supportable qu'en plein Atlantique, ce qui compte quand on veut y entrer sans s'anesthésier les jambes. Beaucoup d'enfants du coin apprennent à nager là avant d'affronter les rouleaux. Rite de passage local, avant les grosses vagues d'Hossegor.
Le tour du lac, à pied ou à vélo
Le tour complet du lac fait environ 7 kilomètres, à pied comme à vélo. On passe devant les pontons de bois qui avancent sur l'eau, les villas années 30 aux façades pastel, puis le canal qui file vers le port de Capbreton. Le bon horaire, c'est la fin d'après-midi : depuis la rive est, le soleil descend juste en face, de l'autre côté de l'eau. La lumière prend les pontons un par un.
Les huîtres du lac, à marée basse
Des parcs à huîtres occupent la rive est du lac, et on les découvre à marée basse. Quelques cabanes ostréicoles servent au bord de l'eau, presque les pieds dans le sable. Le goût est moins salin que celui des huîtres du bassin d'Arcachon, plus rond, avec ce côté lacté que laisse derrière elle l'eau du lac. Ça divise. Ceux qui accrochent n'en démordent plus. Sur une terrasse, avec un verre de blanc sec et l'eau en face, le rythme de vie d'Hossegor devient assez clair.
Le lac de Soustons : l'eau calme et deux bourgs
Deux étangs reliés
Soustons, ce sont deux étendues d'eau reliées : le grand étang et l'étang Hardy. L'ambiance y est familiale, moins huppée qu'à Hossegor. L'eau devient franchement tiède en été, mais on ne s'y baigne pas : le lac est réservé aux activités nautiques et à la pêche. Ceux qui veulent nager descendent au lac marin de Port d'Albret, à Soustons-Plage, surveillé en juillet et en août. Sur les berges du grand étang, les familles posent quand même leur campement pour la journée : glacière, parasol, pique-nique sur l'herbe. On vient y prendre le frais, pas s'y montrer.
Les activités nautiques sans prise de tête
La location se fait sur place : paddle, canoë, pédalo, dériveurs légers, planches à voile. Les bases nautiques tournent entre 10 et 20 euros de l'heure suivant l'engin. Pas de courant, et pas de vent fort la plupart du temps. L'après-midi, ça brasse un peu côté ouest, et les véliplanchistes s'y donnent rendez-vous. Un débutant est tranquille ici. Un enfant peut monter sur un paddle sans que ça tourne mal, pendant que les plus téméraires filent au large sur leurs petits voiliers.
Les villages autour : Soustons et Azur
Deux bourgs bordent le lac. Soustons vit toute l'année : un marché animé, des arènes, des gens du coin qu'on croise en faisant ses courses, et du gascon qu'on entend encore sur le marché du lundi matin. En septembre, rien ne s'arrête. Azur, en face, est plus petit et plus calme. Des vieilles maisons, une église, quelques rues où il ne se passe pas grand-chose. Un lundi matin bien employé commence au marché de Soustons, le temps de faire le plein de fruits, de fromage et de pain frais. L'eau vient après. Pique-nique sur l'herbe, sieste sous les pins, retour au bord de l'eau en fin d'après-midi.
Le lac de Léon : nature sauvage et courant d'Huchet
Le plus sauvage des lacs landais
340 hectares cernés par la forêt de pins : Léon ne ressemble pas aux deux autres. Plus silencieux, plus préservé. Une partie du lac est classée Natura 2000, avec des tourbières, des landes humides, des roselières et des prairies qui restent gorgées d'eau une bonne partie de l'année. Ce qui frappe en arrivant au bord, c'est le silence, le vert profond de la forêt, l'eau sombre qui prend les arbres en miroir. Ici, pas de plage bondée. On vient pour autre chose.
Les deux plages : nord et sud
On y entre par deux accès principaux. La plage sud est équipée : surveillance en été, aire de jeux pour les enfants, location de matériel nautique sur place. C'est le choix de la facilité quand on vient en famille avec des petits et tout leur barda. La plage nord, côté Vielle-Saint-Girons, à quatre kilomètres du bourg, tient le même équipement : parking, base nautique, tables de pique-nique sous les arbres, surveillance elle aussi de juillet à fin août. Elle reçoit moins de vent l'après-midi, quand le sud se couvre de voiles. Entre les deux, c'est souvent le vent qui décide.
Le courant d'Huchet, la « petite Amazonie »
Le lac de Léon est le départ du courant d'Huchet, une rivière sinueuse de 9 kilomètres qui rejoint l'océan à travers une réserve naturelle. Seuls les bateliers y naviguent, et on la descend avec eux, en barque à fond plat, canoë et paddle restant interdits. La végétation vire au tropical : fougères géantes, saules qui trempent leurs branches dans l'eau noire, lianes accrochées aux troncs. Les oiseaux chantent, les libellules zigzaguent au-dessus de l'eau, et on se demande parfois si on n'a pas atterri sur un fleuve d'Amérique du Sud. Comptez deux heures de sortie, départ du pont de Pichelèbe. En été, on réserve à l'avance, la sortie se remplit vite. L'anti-moustiques n'est pas un détail : dès que le soleil décline, les zones humides se réveillent.
Faune et flore : ce qu'on peut voir
La faune du lac se laisse observer, à condition de patienter. Les hérons cendrés se posent sur les berges au petit matin. Les cistudes d'Europe, ces tortues des marais, chauffent leur carapace sur les troncs morts. Quant aux loutres d'Europe, elles fréquentent les eaux du lac mais se montrent rarement. Au printemps et à l'automne, les oiseaux migrateurs y font halte, et les passionnés d'ornithologie débarquent avec leurs longues-vues. Pour multiplier ses chances, il faut se lever tôt et prendre un des sentiers balisés qui partent du pont de Pichelèbe. C'est dans le silence du matin que les bêtes sortent.
Organiser sa journée entre lac et océan
La complémentarité lac-océan
Personne ne choisit entre le lac et l'océan, on prend les deux. L'océan donne les sensations et les vagues, le lac apporte la tranquillité et l'eau chaude. Une journée type ressemble à ça : surf ou baignade océane le matin, quand l'eau est fraîche et vivifiante, puis le lac en fin d'après-midi, une fois qu'elle s'est réchauffée. D'autres font l'inverse, le lac au calme le matin pour nager avant que le soleil ne tape trop fort, l'océan l'après-midi pour les grosses marées. Aucune règle. Cette proximité entre eau salée et eau douce, entre vagues et surface lisse, fait l'identité du territoire, et quelques minutes de voiture ou de vélo suffisent à passer de l'une à l'autre.
Les distances et les accès
Les trois lacs sont proches. 12 kilomètres entre Hossegor et Soustons, puis 15 kilomètres entre Soustons et Léon. Depuis Léon, la plage de Moliets est à une dizaine de kilomètres. Le stationnement est payant sur certains sites en été, gratuit sur d'autres, et en juillet comme en août, trouver une place tient de l'exploit. Le vélo règle la question : la Vélodyssée relie tous ces points, les pistes cyclables passent à l'ombre des pins, et on s'arrête où on veut.
Ce que change la saison
En juillet et août, la chaleur est là, l'eau atteint 24 à 26 °C, et le monde avec. Juin et septembre gardent des températures très agréables, une eau encore bonne, et rendent de l'espace : les places de parking redeviennent trouvables, les plages respirent. Hors saison, on ne se baigne plus, l'eau est trop fraîche. Les lacs deviennent alors des lieux de promenade et de contemplation, et les lumières d'automne ou de printemps changent tout. La brume d'octobre sur le lac de Léon, les pins qui se reflètent dans une eau parfaitement lisse : c'est un autre spectacle, tout aussi beau.
Que mettre dans son sac pour une journée lac
L'équipement de base
Le minimum tient en quatre choses : serviette, crème solaire, lunettes de soleil, chapeau ou casquette. Le soleil cogne fort malgré le vent qui souffle en permanence sur la côte. Au lac de Léon, l'anti-moustiques passe en tête de liste, puisque les zones humides attirent ces bestioles dès que le soleil décline. Les chaussures d'eau servent dès qu'on explore les bords vaseux ou qu'on monte sur un paddle : cailloux, branches immergées, vase. Rien de compliqué là-dedans, mais c'est ce qui sépare une bonne journée d'une journée passée à râler.
Le pique-nique ou les restos du coin
Autour de chaque lac, il y a des paillotes, guinguettes et petits restaurants. Les prix montent à Hossegor, où l'ambiance est plus chic ; Soustons reste familial et abordable ; Léon joue les options roots et décontractées. Le pique-nique marche très bien aussi, avec des tables aménagées à certains endroits, dont le lac de Léon côté sud. Reste à passer à la boulangerie ou au marché le matin. Pain frais, charcuterie locale, fromage de brebis, tomates du coin, et le repas se fait face à l'eau.
Avec des enfants : ce qu'il ne faut pas oublier
Avec des enfants, la liste s'allonge. Bouées ou brassards, même là où l'eau est peu profonde. Des jeux de plage. Un goûter et des boissons en quantité, parce que les enfants ont faim et soif toutes les demi-heures, partout, tout le temps. Le terrain leur est favorable : on a pied loin, l'eau ne bouge pas, et les pins en bordure donnent de l'ombre pour installer le campement. En été, des surveillants tiennent les plages principales, ce qui rassure. Tout se joue à ce qu'on n'aura pas oublié dans le coffre.
| Lac | Spécificités | Activités principales | Ambiance |
|---|---|---|---|
| Hossegor | Lac marin, eau salée, marées | Tour à pied/vélo, dégustation d'huîtres, baignade | Huppée, stations balnéaires |
| Soustons | Deux étangs reliés, eau tiède, sans baignade | Paddle, canoë, pédalo, voile légère | Familiale, accessible |
| Léon | 340 ha, Natura 2000, courant d'Huchet | Randonnée, observation faune/flore, balade en barque | Sauvage, préservée |
| Période | Température de l'eau | Affluence | Meilleur pour |
|---|---|---|---|
| Juillet-Août | 24-26°C | Élevée | Baignade en famille, activités nautiques |
| Juin et septembre | 20-23°C | Modérée | Tranquillité, balades à vélo |
| Hors saison | Fraîche | Faible | Randonnée, observation nature, photographie |