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Deux maisons fortes crénelées en pierre coquillière au-dessus du quai et de la rivière

Mont-de-Marsan, la préfecture entre deux rivières

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Mont-de-Marsan existe à cause d'un point précis : la pointe où le Midou et la Douze se rejoignent pour former la Midouze. Pierre de Marsan y fonde un castrum de deux hectares entre 1133 et 1141 ; la commune compte 31 592 habitants au recensement de 2023. Le donjon Lacataye, deux maisons fortes du début du XIVe siècle, abrite le musée Despiau-Wlérick, dont les collections permanentes resteront fermées jusqu'à la réouverture prévue en avril 2028. Les arènes du Plumaçon, plus de 7 100 places, servent cinq jours par an pendant les fêtes de la Madeleine, du 22 au 26 juillet en 2026.

Mont-de-Marsan tient sur une pointe de terre. Le Midou arrive par l’est, la Douze par le sud, et les deux se rejoignent au pied de la vieille ville pour donner la Midouze. Le reste en découle : le castrum du XIIe siècle, le port, les moulins fortifiés, les maisons de pierre coquillière bâties au-dessus de l’eau. La ville compte 31 592 habitants, s’étale sur 36,88 km² et oscille entre 23 et 97 mètres d’altitude.

Le confluent, et la ville qui en est sortie

Le Midou coule sur 105 kilomètres, la Douze sur 110. Les deux descendent des coteaux du Gers, en pays d’Armagnac et de Floc de Gascogne, et perdent leur nom en arrivant ici. La Midouze qui en naît fait 43 kilomètres, draine un bassin de 3 500 km² et rejoint l’Adour au sud-ouest de Tartas.

Pierre de Marsan, jeune vicomte, installe son castrum sur cette pointe entre 1133 et 1141. Deux hectares, un simple fossé pour commencer, une charte de franchises accordée aux premiers habitants. Le choix n’a rien de sentimental : le site se défend seul, il capte les pèlerins en route vers Compostelle, et il ouvre une voie d’eau vers le golfe de Gascogne.

Un port s’établit sur la rive gauche, en aval du confluent, dès le XIIe siècle. Il sert de point de rupture de charge entre les convois de terre et les galupes, ces barques à fond plat qui descendaient la Midouze puis l’Adour jusqu’à Bayonne. L’activité a duré jusqu’en 1903. Le chemin de fer l’a tuée.

Les quais se parcourent aujourd’hui à pied et à vélo. À l’extrême pointe se tenaient deux moulins à eau fortifiés, celui du Midou et celui de la Douze, devenus minoterie au XIXe siècle, galerie d’art en 1982, puis office de tourisme en 2013. L’accueil est au 1 place Charles de Gaulle, ouvert du 1er juillet au 1er septembre de 9 h à 18 h du lundi au samedi, de 10 h à 16 h 30 les dimanches et jours fériés. Le reste de l’année, les horaires se resserrent : 10 h à 12 h 30 et 13 h 30 à 17 h 30 du mardi au jeudi, avec une ouverture réduite le lundi après-midi et le samedi matin. Téléphone : 05 58 05 87 37.

Le donjon Lacataye n’est pas un donjon

Le mot induit en erreur depuis des siècles. L’édifice qui domine la ville n’a jamais été une tour maîtresse : ce sont deux maisons fortes romanes accolées, montées en pierre coquillière, dont la construction est datée des environs de 1313, certains auteurs l’attribuant à Gaston VII de Béarn ou à Constance de Moncade à la fin du XIIIe siècle. Les créneaux qui coiffent l’ensemble ont été ajoutés au XVIe siècle.

Sa fonction était de surveiller le cours du Midou et de tenir le flanc est de la ville, du côté du quartier Pujolin. Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, en avait fait une retraite et y a fait jouer une pièce de théâtre en 1548. Après 1860, l’édifice devient caserne, la caserne Lacaze, jusqu’en 1876. La première émission de radio partie de Mont-de-Marsan en est sortie le 11 février 1925.

Le donjon est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1942, restauré en 1963, et sert de musée depuis 1968. On le voit de partout, notamment depuis les berges, et sa masse trapue dit assez bien à quoi ressemblait une maison de vicomte quand la rivière servait de rue principale.

Le musée Despiau-Wlérick est fermé, et pour longtemps

Les collections permanentes du musée sont fermées au public en raison des travaux, et les salles d’exposition permanente comme la terrasse haute du donjon ne se visitent pas pendant le chantier.

Le calendrier officiel de la ville fixe les fouilles archéologiques en février 2026, le démarrage des nouvelles constructions en juin 2026, l’ouverture du musée au public en avril 2028 et la livraison complète du projet en juin 2029. Le chantier, confié au cabinet Vurpas, pèse 16,5 millions d’euros hors taxes. La phase haute comprend la démolition de l’ancien lycée Saint-Vincent, la réhabilitation du donjon et de nouveaux espaces d’exposition ; la phase basse portera sur l’administration, la chapelle et un accueil tourné vers la rivière. Les surfaces d’exposition permanente doubleront, pour environ 650 œuvres présentées.

Ce qui se voit d’ici là tient à peu de chose, mais existe : la galerie du musée, au 5 rue Gaston Phoebus dans l’ancien musée Dubalen, accueille des expositions temporaires et des ateliers, du lundi au vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h. La maison romane située à l’ouest du donjon reste ouverte. Le jardin des sculptures aussi. Renseignements au 05 58 75 00 45.

Le fonds justifie l’attente. Plus de 2 400 sculptures, plus de 11 000 dessins, environ 500 peintures, labellisés Musée de France depuis 2002. Charles Despiau, né à Mont-de-Marsan le 4 novembre 1874 et mort à Paris en 1946, et Robert Wlérick, né ici le 13 avril 1882 et mort à Paris en 1944, y voisinent avec Rodin, François Pompon et Chana Orloff. Un millier d’œuvres environ portent la signature des deux Montois.

Les maisons romanes et la rue des Arceaux

La plus ancienne maison forte de la ville se trouve au 6 bis rue Maubec. Bâtie en pierre coquillière dans la seconde moitié du XIIe siècle, insérée dans le rempart du XIIIe, elle défendait le front de la Douze. Sa façade présente deux murs parallèles de 90 centimètres d’épaisseur séparés d’environ deux mètres, une porte en arc surbaissé percée d’une archère étroite, et un premier étage en encorbellement porté par une file de corbeaux : la corniche qu’ils soutiennent dissimule des mâchicoulis. C’est le premier édifice montois classé, par arrêté du 3 octobre 1929. Une seconde maison romane, au 24 bis de la même rue, du XIIe siècle également, s’appuie au nord contre le rempart de la première enceinte. Elle est moins bien conservée. Les deux se regardent depuis le trottoir, sans billet ni horaire.

Cent mètres plus loin, la rue des Arceaux porte un nom faux. Ce ne sont pas des arceaux mais des passages couverts, que le pays appelle couverts ou pontets : six ouvrages en pan de bois, remplis de torchis ou de brique, entre les numéros 2 et 3, 4 et 5, 6 et 7, 8 et 9, 10 et 11. Ils datent de la fin du Moyen Âge. Le nom actuel de la rue, lui, ne remonte qu’au 14 avril 1899.

Leur raison d’être vient du port. Chaque passage relie les premiers étages de deux immeubles appartenant au même propriétaire : côté ouest, la réserve, où montaient les marchandises débarquées en contrebas ; côté est, la boutique ouverte sur la rue. La rue elle-même a été tracée dans le bourg de la Grande Fontaine, première extension de la ville au sud du Midou dans la seconde moitié du XIIe siècle, enfermée dans les remparts un siècle plus tard.

Les arènes du Plumaçon et les fêtes de la Madeleine

Avant le Plumaçon, la ville tauromachique tenait place Saint-Roch, dans un amphithéâtre de bois de 4 000 places. Il a brûlé la veille des fêtes de 1878. L’architecte montois Jules Dupouy dépose ses plans le 20 janvier 1889 ; cinq mois de travaux suffisent, sur les champs et les vignes de la métairie du Plumaçon, qui donne son nom à l’ensemble. Inauguration le dimanche 21 juillet 1889, 4 000 places à nouveau.

L’agrandissement de 1933, dû à Franck Bonnefous, ajoute environ 3 000 places en encorbellement et porte la capacité à plus de 7 100 spectateurs. Une chapelle y est installée en 1963. En 1992, l’entrée principale prend le nom de Nimeño II, matador mort l’année précédente. L’édifice porte le label Patrimoine du XXe siècle.

Les fêtes de la Madeleine commencent chaque année le premier mercredi qui suit le 14 juillet et durent cinq jours : du 22 au 26 juillet en 2026. Corridas et novilladas au Plumaçon, courses landaises, bandas, bodegas, cavalcade de chars le dernier jour, feu d’artifice pour finir. L’affluence se compte en centaines de milliers de personnes sur les cinq jours, dans une ville de trente mille habitants ; qui a vécu les fêtes de Bayonne et leurs cinq jours de feria retrouvera la mécanique, en plus resserré et en plus taurin.

Hors fêtes, l’office de tourisme fait visiter les coulisses des arènes : une heure, 6 euros en plein tarif, réservation obligatoire, groupe de 5 à 35 personnes, rendez-vous à l’office un quart d’heure avant le départ.

Le parc Jean Rameau et les sculptures dans les rues

Le parc a été créé en 1793 pour cultiver le pin des Landes, celui-là même qui a fini par couvrir la forêt des Landes de Gascogne. Il n’est devenu jardin public qu’en 1947 et porte le nom du poète landais Jean Rameau.

Six hectares et demi, dont 37 000 m² d’espaces enherbés, 453 arbres et 150 arbustes, plus de 80 essences avec toutes les variétés de hêtres, une allée centrale de tilleuls, un jardin japonais, un jardin de fougères, un jardin d’hortensias. Le kiosque à musique en fonte date de 1907. Un théâtre de verdure complète l’ensemble. Deux sculptures s’y remarquent : L’homme et la mort de Léon-Alexandre Delhomme et La chute des feuilles de Julien Lorieux.

Dehors, la ville continue le musée. Une quarantaine d’œuvres sont installées dans les rues, les parcs et les jardins, numérotées, accompagnées de panneaux et de QR codes. Le plan se retire à l’office de tourisme ou se télécharge avant de partir. Comptez une à deux heures selon le pas. Aucun horaire, aucun droit d’entrée. La collection s’est constituée autour d’une manifestation de sculpture en plein air lancée en 1988, qui revient tous les trois ans.

Le XIXe siècle : l’église et la préfecture

L’ancienne église gothique fortifiée, du XIVe siècle, s’est effondrée le 10 avril 1821. La suivante, l’église de la Madeleine, a été bâtie de 1821 à 1830 par l’architecte Augustin Arthaud, qui a remanié tout le quartier dans la foulée. Le fronton néoclassique et le péristyle assument la référence parisienne. Le maître-autel et les anges sont l’œuvre des frères Mazzetti. L’édifice est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis le 29 octobre 1975.

La préfecture des Landes occupe l’emplacement du couvent des Clarisses, achevé en 1691 au sud de la rue Maubec, dont les religieuses ont été dispersées en octobre 1792. Napoléon Ier passe en ville les 13 et 14 avril 1808 ; le préfet Valentin-Duplantier le convainc de doter le département de bâtiments neufs. David-François Panay et Augustin Arthaud en dessinent le projet entre 1808 et 1810, la première pierre est posée le 29 septembre 1810 et le baron d’Haussez, premier préfet à s’y installer, y entre en 1819. Portique à quatre colonnes ioniques, portes de bronze ornées de pommes de pin, que le pays appelle pignes. Inscription au titre des monuments historiques le 29 octobre 1975 également.

Y aller, et occuper le reste de la journée

La gare est un terminus. Deux lignes TER Nouvelle-Aquitaine la desservent, l’une vers Morcenx en une demi-heure environ, l’autre vers Bordeaux en une heure et demie environ. Par la route, l’A65 met Bordeaux à 130 kilomètres au nord et Pau à 80 au sud ; Dax et ses thermes sont à 50 kilomètres, Bayonne à 100, Toulouse à 180.

Le marché Saint-Roch se tient sous halle les mardis et samedis matin. Il est exclusivement alimentaire, classé parmi les cent plus beaux marchés de France, et sert de vitrine aux produits landais, dont le foie gras des Landes. Le mardi, un marché d’habillement occupe en plus la place des Arènes de 9 h à 18 h.

Le parc animalier de Nahuques, avenue de Villeneuve, s’ouvre librement et gratuitement tous les jours : 9 h à 12 h et 14 h à 18 h du 1er septembre au 30 juin, 9 h à 12 h et 15 h à 19 h du 1er juillet au 31 août. Ânes, chèvres naines, moutons, mouflons de Corse, lamas, daims, wallabies, cygnes, émeus, lièvres de Patagonie. Des tours de poney sont proposés aux enfants de 2 à 10 ans les mercredis, samedis et dimanches après-midi, et tous les jours pendant les vacances scolaires, pour 5 euros.

L’hippodrome des Grands Pins, au sud-ouest, forme avec son centre d’entraînement un ensemble de 50 hectares et 25 kilomètres de pistes, herbe, sable, steeple, haies, cross et trot confondus. La saison 2026 s’est ouverte le lundi 23 février par une réunion de plat, et quelques réunions ponctuent l’été. Renseignements au 05 58 75 15 75.

Reste ce que le visiteur entend sans toujours l’identifier : les Rafale de la base aérienne 118 Colonel Rozanoff, qui emploie plus de 3 500 personnes à l’est de la ville et regroupe l’escadron de chasse 2/30 Normandie-Niémen, l’escadron 3/30 Lorraine et l’escadron de chasse et d’expérimentation 1/30 Côte d’Argent.