
Guéthary, le plus petit village de la côte
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Moins de 1500 âmes à l'année, et une réputation qui court bien au-delà. Entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz, ce bout de côte basque attire les surfeurs pour la vague de Parlementia, les photographes pour ses colombages rouge sang-de-bœuf, les acheteurs parisiens pour à peu près tout le reste. Le plus petit port de la côte, un fronton où claque le grand chistera, une église perchée qui servait de repère aux marins.
Guéthary, le plus petit village côtier du Pays Basque, tient entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz. Moins de 1500 habitants à l'année. Sa notoriété, elle, dépasse largement sa taille : les surfeurs du monde entier connaissent Parlementia, les amateurs d'architecture basque photographient ses maisons à colombages rouge sang-de-bœuf, et les Parisiens venus chercher un morceau de côte ont fait exploser le prix du mètre carré.
Le contraste frappe en premier. Le plus petit port de la côte, un fronton où résonne le claquement de la pelote, une église perchée qui guide les marins depuis le XVIe siècle, et cette lumière qui explique, certains matins, pourquoi les gens s'accrochent ici.
Guéthary sur la carte : où vous mettez les pieds
Entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz
Guéthary se situe à 7 km au sud de Biarritz et 5 km au nord de Saint-Jean-de-Luz, sur le sentier du littoral qui relie Bidart à Hendaye. On y arrive par la D810, l'ancienne nationale 10 qui serpente entre falaises et océan. L'A63 passe à quelques kilomètres dans les terres : sortie Bidart ou sortie Saint-Jean, selon d'où vous venez.
La gare, sur la ligne Bordeaux-Hendaye, permet de venir sans voiture. Ça compte ici. Depuis l'aéroport de Biarritz-Pays-Basque, comptez vingt minutes en voiture. Depuis Bayonne, une demi-heure. Le village est bien desservi. Trop bien en juillet-août, quand la D810 se transforme en parking géant.
Un village perché face à l'océan
La topographie a façonné l'histoire du village. Guéthary s'étage entre la falaise qui plonge dans l'océan et les hauteurs où se dresse l'église Saint-Nicolas. Le choix est ancien et pratique : l'église restait visible depuis la mer pour les pêcheurs qui rentraient au port, et les hauteurs coupaient les vents dominants.
Trois ensembles se distinguent. Le centre, autour du fronton et de la mairie. Le port en contrebas, qu'on rejoint par des escaliers dont on se souvient au retour. Les quartiers résidentiels sur les hauteurs, où les villas avec vue mer affichent des prix qui donnent le vertige. À Guéthary, on monte et on descend sans arrêt. Prévoyez de bonnes jambes.
Le port de Guéthary : le plus petit de la côte, et alors ?
Un port à sec, vestige d'une histoire maritime
Le port fonctionne selon un principe devenu rare sur la côte : les bateaux sont tirés à terre après chaque sortie. Une vingtaine au maximum, des pointus traditionnels pour la plupart, alignés sur la cale comme au temps où la pêche faisait vivre le village.
Cette histoire remonte loin. Au Moyen Âge, on chassait la baleine dans le golfe de Gascogne depuis ce port minuscule, jusqu'à ce que les cétacés désertent la baie et que les équipages basques aillent les poursuivre à Terre-Neuve. Sont venus ensuite le thon, la langoustine, la sardine. La pêche professionnelle a quasiment disparu, la pêche de loisir a pris le relais. Le matin, quand les pêcheurs rentrent avec leurs prises, quelque chose de l'ancienne ambiance revient : l'odeur du poisson frais, les gestes précis pour hisser les coques, les conversations en euskara par-dessus le bruit des vagues.
La vue depuis le port : pourquoi descendre jusqu'en bas
Descendre au port demande un effort. Les escaliers sont raides, la petite route sinueuse, et la perspective vaut chaque marche. D'en bas, on embrasse toute la côte : au nord jusqu'à Biarritz, au sud jusqu'aux premières montagnes qui annoncent les Pyrénées. Par temps clair, la vue porte jusqu'à l'Espagne.
Les maisons accrochées à la falaise surplombent la mer avec un aplomb qui défie les tempêtes d'hiver. La lumière du soir enflamme les roches de rouge et d'ocre. Le bon créneau : fin d'après-midi, hors saison, quand les bancs face à l'océan sont libres.
L'église Saint-Nicolas : le phare des marins
Une architecture austère qui cache son jeu
Perchée sur le point culminant du village, l'église Saint-Nicolas date du XVIe siècle. Dehors, elle est sobre, typiquement basque : murs blancs, toit de tuiles, un clocher-mur qui ne cherche à impressionner personne. Elle a été bâtie là pour être vue du large et servir de repère aux marins.
L'intérieur dit autre chose. Les galeries latérales en chêne foncé, qui encadrent la nef, sont la marque des églises basques. L'autel surélevé tire le regard, entouré de statues du XVIIe siècle et de tableaux qui racontent l'histoire maritime du village. Odeur d'encens et de bois ciré, silence qui s'impose de lui-même, même quand on n'est pas croyant.
L'ex-voto du trois-mâts : quand le plafond raconte la mer
Levez la tête dans la nef : un vaisseau à trois-mâts est suspendu au plafond. Cet ex-voto, objet offert en signe de reconnaissance, a été déposé par des marins rescapés d'un naufrage. La tradition est ancienne au Pays Basque. On offre à l'église un témoignage de gratitude après avoir survécu à la mer.
L'église garde d'autres choses : des inscriptions en euskara gravées dans le bois, des tableaux de scènes de pêche, des détails qu'on ne voit qu'en s'asseyant quelques minutes. Saint-Nicolas, patron des marins, veille encore sur un village qui a tourné le dos à la pêche sans quitter la mer des yeux.
Le fronton Olharroa : la Mecque du grand chistera
Un club historique, une pelote pas comme les autres
Au centre du village, le fronton attenant à la mairie renvoie le claquement sec de la pelote contre le mur. C'est le terrain de l'Olharroa, « la pieuvre » en basque, club de pelote fondé en 1922, l'un des plus anciens de la Fédération française de pelote basque.
Guéthary est surnommé « la Mecque du grand chistera ». Dans cette discipline, les joueurs lancent la pelote avec un long panier d'osier, à des vitesses qui dépassent 200 km/h. Les pelotaris formés ici, les tournois qui attirent les meilleurs, les parties du dimanche matin : la réputation du village tient à ça autant qu'à ses vagues.
Assister à une partie : mode d'emploi
Les affiches placardées sur le fronton annoncent les rencontres, surtout le week-end en saison. On s'installe sur les gradins en pierre, ou sous le préau quand le soleil tape trop fort. Les conversations en euskara se mêlent aux exclamations lorsqu'un joueur rattrape une balle impossible, et le chistera claque contre le mur assez fort pour s'entendre dans tout le village.
Quelques bases suffisent pour suivre. Le chistera est ce long panier d'osier attaché à la main du joueur. La pelote est dure comme du bois. Le jeu consiste à la renvoyer contre le mur avant qu'elle rebondisse deux fois au sol. La vitesse laisse pantois. On se laisse prendre sans en connaître toutes les règles.
Les quatre plages de Guéthary : sauvages et convoitées
Cenitz : la plage des habitués
Cenitz s'atteint par un sentier qui part du parking, en haut de la falaise. C'est une plage d'habitués : moins fréquentée que les spots voisins, un cadre resté sauvage, des rochers où crevettes et petits poissons s'abritent à marée basse. Les pêcheurs à pied y viennent pour ça.
La zone de baignade est surveillée du 1er juillet au 31 août, de 11h à 19h, et le poste tient le bas de la baie, côté Saint-Jean-de-Luz. Le fond y est sableux ; vers Guéthary, la roche affleure et les courants tirent. Un parking et un point de restauration desservent le site, sans transats ni parasols à louer. Le sentier d'accès demande de bonnes chaussures, surtout par temps humide, quand la terre devient glissante.
Parlementia : le spot de surf qui a fait la réputation du village
Parlementia est la vague qui a mis Guéthary sur la carte mondiale du surf. Une droite longue et creuse, formée au large sur un plateau rocheux, puissante, exigeante, qui ne pardonne pas les erreurs. Les jours de bonnes conditions, on trouve dans l'eau des surfeurs venus de partout, et sur la plage des spectateurs qui filment chaque session.
Les débutants n'ont rien à y faire : courants forts, rochers affleurants, vague qui demande de l'expérience. Une école de surf travaille sur place, un restaurant sert à manger après la session, des douches et des vestiaires complètent l'ensemble. Quand la houle monte, toute la culture surf du Pays Basque tient sur quelques centaines de mètres de côte.
Les Alcyons et la plage du Port : la crique et le bain de village
Les Alcyons, Harotzen Costa de son nom basque, se gagne par la jetée ou par un escalier taillé dans la falaise. Une toute petite plage de sable, de galets et de rochers, coincée au fond de la baie, qui ne se découvre qu'à marée basse. Au plus haut de l'eau, il n'en reste rien. Personne n'y surveille la baignade, et même en plein mois d'août on peut s'y retrouver seul, ou presque.
La plage du Port, juste à côté du port de pêche, joue une autre partition : du sable fin, la vue sur la côte, une terrasse de restaurant au-dessus. C'est la plus centrale des quatre, la plus proche des commerces, et celle où les familles s'installent pour un bain rapide au milieu d'une promenade. Aucun maître-nageur n'y veille pour autant.
L'architecture de Guéthary : entre tradition basque et Art déco
Les maisons labourdines : rouge sang-de-bœuf et colombages
L'architecture basque traditionnelle domine le paysage de Guéthary : façades blanches, colombages rouge sang-de-bœuf (parfois vert), toits à faible pente, volets en bois massif. Ces couleurs n'ont rien de décoratif au départ. Le sang de bœuf se trouvait sur place et protégeait le bois contre l'humidité et les insectes.
Les maisons regardent souvent plein sud, façade principale à l'abri du vent d'ouest qui souffle fort en hiver. Dans la rue principale, les détails valent le coup d'œil : linteaux de porte gravés au nom de la maison et à sa date de construction, balcons en fer forgé, encadrements de fenêtres peints.
La touche Art déco : passerelle et villas des années folles
Dans les années 1920, l'Art déco débarque à Guéthary. La passerelle Itsasoan, dessinée par Henri Godbarge, théoricien du style néo-basque, a été inaugurée en 1927 en même temps que l'hôtel-casino qu'elle desservait. Elle montre bien ce mariage entre modernité et tradition basque.
Le Guétharia, hôtel de luxe bâti en 1926 au-dessus du port par Joseph Hiriart, Georges Tribout et Georges Beau, a reçu des célébrités pendant les années folles. Le bâtiment a été découpé en appartements depuis, il reste visible et rappelle l'époque où Guéthary cherchait à rivaliser avec Biarritz. Colombages d'un côté, lignes Art déco de l'autre : le village échappe à la carte postale folklorique comme à la station balnéaire formatée.
Le site patrimonial remarquable : ce qui est protégé, et pourquoi
Guéthary est classé en site patrimonial remarquable. Le classement encadre strictement toute construction et toute rénovation : codes architecturaux basques obligatoires, matériaux imposés, couleurs réglementées. Impossible de bâtir n'importe quoi. Le village y a gagné son allure et s'est épargné les verrues de béton qu'on voit ailleurs sur la côte.
Le revers est lourd. La pression immobilière a explosé, les terrains constructibles se comptent sur les doigts d'une main, les biens existants s'arrachent à prix d'or. Les jeunes du village peinent à s'installer. Guéthary est devenu un village-vitrine, très beau et hors de portée pour beaucoup.
Le musée de Guéthary : l'art dans une villa néo-basque
La collection Swiecinski : un sculpteur méconnu à découvrir
Le musée occupe le rez-de-chaussée de la villa Saraléguinéa, bâtie en 1909. Il abrite les œuvres de Georges Clément de Swiecinski, sculpteur né en Roumanie en 1878, installé à Guéthary en 1923. Ses sculptures vont du portrait à l'abstraction, avec une vraie maîtrise technique.
Les horaires se resserrent hors saison, les visites sont souvent guidées. Le cadre compte autant que les œuvres : boiseries, plafonds moulurés, atmosphère d'époque.
Les vestiges romains : une salaison de poisson du Ier siècle
En 1984, des travaux ont mis au jour par hasard des vestiges d'une salaison de poisson datant de l'époque romaine. Ces ateliers transformaient le poisson en garum, la sauce fermentée que les Romains consommaient abondamment. Les bassins sont restés sous les remblais du chemin de fer, mais le musée expose ce que les fouilles en ont sorti, céramiques, monnaies, lampes à huile et une épitaphe funéraire, restes d'une activité industrielle vieille de deux mille ans.
Guéthary regardait donc déjà vers la mer sous les Romains, sans attendre le Moyen Âge pour exploiter les ressources de l'océan. Vingt siècles séparent ces bassins des barques qu'on hisse encore sur la cale, dans un village de cette taille.
Le sentier du littoral : de Bidart à Saint-Jean-de-Luz à pied
La portion Bidart-Guéthary : falaises et points de vue
Le sentier qui relie Bidart à Guéthary fait environ trois kilomètres. Il longe les falaises et ouvre sur la côte, les roches qui plongent dans l'océan, les vagues qui s'écrasent en contrebas. Tronçon facile, mais de bonnes chaussures s'imposent : le terrain glisse après la pluie et certaines portions prennent le vent de plein fouet.
Le bon moment : tôt le matin, hors saison, quand la lumière rasante fait vibrer les couleurs de la falaise. Vous croiserez des joggers du coin, des promeneurs de chiens, quelques touristes matinaux. L'arrivée se fait par le haut du village, près de l'église, ce qui enchaîne bien avec la visite du centre.
La portion Guéthary-Saint-Jean-de-Luz : le plus beau tronçon de la côte
Les cinq kilomètres qui séparent Guéthary de Saint-Jean-de-Luz comptent parmi les plus beaux tronçons du littoral basque. Falaises abruptes, criques cachées, formations rocheuses sculptées par l'érosion, et par temps clair, la vue sur les Pyrénées qui plongent dans l'océan.
L'heure change tout. Le matin, la brume marine adoucit les contours. L'après-midi, le soleil fait briller l'océan comme du métal en fusion. Le soir, tout vire au doré. Comptez deux heures de marche tranquille, avec la possibilité de faire demi-tour quand vous voulez. Emportez de l'eau et de quoi vous protéger du soleil : sur une bonne partie du parcours, il n'y a aucune ombre.
| Tronçon | Distance | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Bidart - Guéthary | 3 km | 45 min | Facile |
| Guéthary - Saint-Jean-de-Luz | 5 km | 2h | Moyenne |
Manger et boire à Guéthary : du bistrot de port à la table étoilée
Les restaurants face à la mer : où poser sa fourchette
Trois familles d'adresses cohabitent. Les bistrots de front de mer, parfaits pour un déjeuner de poisson grillé avec vue sur l'océan. La maison Briketenia, une étoile au Michelin, installée dans une bâtisse basque des années 1930 près de l'église. Et quelques adresses de quartier où une bonne piperade ne ruine personne.
Le principe est simple : on paie la vue et l'emplacement, souvent aussi de vrais produits. Les poissons viennent des criées de Saint-Jean-de-Luz, les légumes des producteurs de l'arrière-pays, le piment d'Espelette est partout. Les prix montent haut, surtout en saison, dans un village où la demande dépasse de loin l'offre. Réservez. Même hors saison, si vous visez une table réputée.
Le café du fronton : l'institution du village
Le café attenant au fronton est le cœur social du village. Les joueurs de pelote s'y retrouvent après les parties, les habitués pour la belote du vendredi, les surfeurs pour un café avant d'aller à l'eau. On y parle euskara, on y commente les matchs, on y refait le monde.
C'est là qu'on prend le pouls du village. Les conversations roulent sur ce qui compte : la houle prévue pour le week-end, le prochain tournoi de pelote, les nouveaux arrivants qui ont acheté la maison des Etcheverry.
Visiter Guéthary selon la saison : quand venir, quoi attendre
L'été : la foule, les prix, mais l'ambiance
En juillet-août, le village est saturé de monde. Plages bondées dès 10h du matin, restaurants complets pour le déjeuner, prix qui s'envolent, stationnement digne d'une épreuve olympique. La D810 se transforme en parking géant aux heures de pointe, et dénicher un carré de sable libre à Parlementia relève du miracle.
L'été apporte aussi l'animation : les fêtes traditionnelles avec tout le village en rouge et blanc, la pelote presque tous les jours, les marchés, les terrasses occupées jusqu'à tard le soir. Venez très tôt le matin ou en fin d'après-midi, laissez la voiture, réservez tout à l'avance, et acceptez que le village se dilue un peu dans la foule.
Le printemps et l'automne : le meilleur compromis
Mai-juin et septembre-octobre offrent le meilleur rapport entre météo et fréquentation. Le temps y est souvent plus clément qu'en juillet, avec moins de pluie et moins de vent. Il y a beaucoup moins de monde, les prix redescendent, et la lumière de septembre, après les orages d'été, se passe de commentaire.
C'est aussi la saison des grosses houles d'automne, qui se regardent depuis les falaises même sans planche sous le bras. Les restaurants rouvrent leurs portes après la pause de fin d'hiver, le village reprend un rythme détendu, et se garer ne demande plus une heure de tournage.
L'hiver : le village retrouve ses habitants
Hors saison, Guéthary change de visage. Le calme revient, la moitié des restaurants ferment, les rues se vident certains jours de pluie, quand l'océan déchaîné envoie des embruns jusque sur la route. Le village redevient lui-même : les parties de pelote du dimanche matin retrouvent leurs habitués, les surfeurs locaux reprennent possession des vagues, les ciels d'hiver donnent des lumières qu'on ne voit pas en août.
Pour voir Guéthary tel qu'il est, venez hors saison. Le café du fronton le dimanche matin, le sentier côtier balayé par le vent, un restaurant presque vide où le patron vient discuter à votre table : ça aussi, c'est Guéthary.
Les environs immédiats : Bidart, Saint-Jean-de-Luz, l'arrière-pays
Bidart, le voisin au nord
Bidart, juste au nord, est plus grand que Guéthary et partage le même fond basque. Le village perché aligne de belles plages, Uhabia, Ilbarritz, Erretegia, et un centre historique qui mérite l'arrêt. Les deux communes se combinent facilement dans une journée, à pied par le sentier côtier.
Bidart a gardé une vie locale plus affirmée : un marché vivant, des commerces de proximité, des habitants à l'année. L'église sur la place, les ruelles qui descendent vers la mer, une ambiance moins léchée.
Saint-Jean-de-Luz et Ciboure : la grande ville d'à côté
Saint-Jean-de-Luz, cinq kilomètres au sud, change d'échelle. Une vraie ville, avec une baie protégée parfaite pour la baignade familiale, un port de pêche actif parmi les plus importants de la côte atlantique, un centre historique riche en architecture et en histoire. De l'autre côté de la Nivelle, Ciboure joue une autre partition, plus populaire, avec ses maisons de pêcheurs colorées.
On y va pour le marché des Halles et ses produits locaux, pour le port où les chalutiers déchargent encore leur pêche, pour les restaurants qui servent le poisson du jour à la plancha. Saint-Jean apporte ce qui manque à Guéthary : les commerces, les services, l'animation d'une vraie ville.
Remonter vers l'intérieur : Ainhoa, Espelette, la Rhune
Depuis Guéthary, l'arrière-pays basque commence tout de suite. Ainhoa à une demi-heure, classé parmi les plus beaux villages de France, avec ses maisons labourdines alignées. Espelette pour le piment et les façades rouges. La Rhune pour prendre de la hauteur et regarder l'océan d'en haut.
Le village fait un bon camp de base : l'océan le matin pour le surf ou la baignade, la montagne l'après-midi pour randonner, le retour le soir pour dîner face à la mer.
Les fêtes et traditions : quand Guéthary vibre en euskara
Les fêtes patronales : le village en rouge et blanc
Les fêtes de Guéthary, en été le plus souvent, retournent le village. Tenue blanche et foulard rouge pour tout le monde, bandas qui défilent, pelote sur le fronton, danses traditionnelles sur la place, repas partagés sous les préaux. Le village se réapproprie ses murs, et les estivants assistent à quelque chose qui ne leur est pas destiné mais dont on ne les chasse pas.
Quelques codes valent d'être suivis. Ne pas chercher à tout comprendre, certaines traditions échappent aux non-initiés. Respecter les moments solennels, la messe et les danses. Se laisser porter par l'ambiance plutôt que la photographier à tout prix. Si les fêtes basques ont gardé leur allure, c'est qu'elles ne sont pas devenues un spectacle pour touristes.
La pelote, au-delà du sport
La pelote dépasse largement le cadre sportif à Guéthary. Le fronton est un lieu social : on y croise les gens, on commente les parties, on refait le match au café d'à côté. Les enfants s'y mettent très tôt, souvent initiés par un père ou un oncle qui a lui-même appris sur ce même mur.
Fierté locale, marqueur d'identité. Plusieurs spécialités se pratiquent au village : le grand chistera d'abord, mais aussi la pala, la main nue, le rebot. Chacune a ses règles, ses champions, ses aficionados.
Dormir à Guéthary : l'équation impossible (ou presque)
L'offre hôtelière : limitée et très demandée
Guéthary ne compte que quelques hôtels et chambres d'hôtes, complets très vite en saison. Les établissements avec vue mer sont les plus chers et les premiers réservés : pour juillet-août, comptez plusieurs mois d'avance. Des options plus modestes existent dans les rues en retrait, sans vue, avec le charme des maisons basques.
L'autre solution consiste à élargir la recherche aux villages voisins. Bidart et Saint-Jean-de-Luz proposent beaucoup plus de choix, à tous les prix, à quelques minutes de voiture ou de bus. L'inconvénient : vous serez de passage, sans jamais vraiment vivre au rythme du village.
La location saisonnière : entre rareté et prix stratosphériques
Les locations saisonnières à Guéthary sont rares et chères. Peu d'offres, une demande énorme, des tarifs qui grimpent très haut en pleine saison, conséquence directe de la pression immobilière. Beaucoup de propriétaires ne louent qu'à la semaine en été, à des prix qui peuvent dépasser plusieurs milliers d'euros.
Les bonnes adresses circulent de bouche à oreille, entre habitués qui reviennent chaque année. Cherchez tôt, très tôt, et renoncez à l'idée d'être forcément dans le centre.
Guéthary et la pression immobilière : le revers de la médaille
Les prix au mètre carré : pourquoi c'est le village le plus cher de la côte
Guéthary affiche les prix immobiliers les plus élevés de la Côte Basque : au-delà de 7 000 euros le mètre carré en moyenne, et bien davantage pour les biens avec vue mer, qui se négocient à plus de 12 000 euros. Trois raisons à cela. La rareté de l'offre, dans un petit village au patrimoine protégé où l'on construit peu. Une demande très forte, venue de Paris, de l'étranger, de célébrités. Une qualité de vie que personne ne conteste.
Les conséquences pèsent. Des habitants de longue date partent parce qu'ils n'ont plus les moyens de rester, la gentrification s'accélère, le village vire à la vitrine. La population permanente recule au profit de résidences secondaires qui restent vides une bonne partie de l'année.
Le report sur les communes voisines : Bidart et Saint-Jean sous pression
Ceux qui ne peuvent pas acheter à Guéthary se rabattent sur Bidart ou Saint-Jean-de-Luz, ce qui pousse les prix partout. L'effet domino gagne toute la côte : ce qui était accessible hier ne l'est plus aujourd'hui, les jeunes du territoire peinent à se loger, les tensions montent entre résidents permanents et résidents secondaires.
Le constat s'impose, sans jugement. Guéthary concentre ces contradictions, entre le désir de préserver un patrimoine rare et la nécessité de garder des gens qui y vivent. Peut-on être à la fois le plus beau village de la côte et un endroit où l'on habite vraiment ?
Conseils pratiques pour réussir votre visite
Se garer à Guéthary : l'épreuve du stationnement
Autant le dire : en été, se garer au centre ou près du port relève de la loterie. Les parkings sont minuscules, payants, saturés dès 10h du matin. Restent quelques parades : arriver avant 9h, se garer en périphérie et marcher, prendre les transports en commun depuis Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz, venir à vélo.
Hors saison, la situation s'arrange nettement, sans devenir simple pour autant. Le parking près de la mairie est le plus pratique, celui de Parlementia si vous visez la plage. Prévoyez de la monnaie pour les horodateurs, et évitez les emplacements réservés : les contrôles tombent souvent.
Combien de temps prévoir pour Guéthary
Une demi-journée suffit pour faire le tour : église, port, centre, fronton. Une journée complète permet d'ajouter une plage et une portion du sentier côtier. Deux jours si vous voulez les vagues, les restaurants et l'ambiance sans courir.
Guéthary se savoure lentement. Le village demande qu'on prenne le temps de s'asseoir face à l'océan, de regarder les surfeurs à Parlementia, de laisser filer les heures en terrasse. Une halte rapide entre Biarritz et Saint-Jean-de-Luz laisse passer ce qui compte : le rythme, et cette lumière qui change au fil de la journée.
Venir avec des enfants : ce qui marche, ce qui marche moins
Avec des enfants, visez la zone surveillée de Cenitz, en juillet-août, ou la baie de Saint-Jean-de-Luz. Aucune des autres plages du village n'a de poste de secours, et les rochers affleurants comme les courants y rendent la baignade délicate. Le sentier côtier reste faisable, mais fatigant pour les plus petits. L'église et le musée les ennuieront sans doute. Le port, lui, marche à tous les coups : les bateaux tirés à terre, les pêcheurs qui rentrent, les crabes dans les rochers.
Restent les glaces sur la place du village, valeur sûre. Alternez Guéthary, pour les parents, avec des activités plus familiales dans les environs : l'aquarium de Biarritz, la Rhune et son petit train à crémaillère, les grottes de Sare. En alternant, personne ne passe la journée à attendre les autres.