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Nature LandesPays Basque
La fontaine chaude de Dax fumant dans l'air froid du matin

Dax, la ville thermale des Landes

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L'eau sort de terre à 64 °C en plein centre, et 60 000 curistes viennent chaque année pour elle et pour le péloïde, cette boue grise qu'on ne prépare nulle part ailleurs. La ville ne s'arrête pas là. Entre deux soins, il y a la feria d'août, l'US Dax, les marchés du samedi et du dimanche, des terrasses où l'après-midi s'étire. Première station thermale de France, Dax vit aussi en dehors de ses thermes.

À Dax, l'eau fume en plein centre. Elle sort de terre à 64 °C et la vapeur flotte au-dessus de la fontaine, hiver comme été. Personne n'a fabriqué ça : les eaux chaudes et la boue grise étaient là, et les Romains les utilisaient déjà. Première destination thermale de France avec 60 000 curistes par an, la ville n'en est pas devenue un musée pour autant. Entre deux tours de soins, on tombe sur une feria, sur un match de rugby, sur une terrasse où l'après-midi s'étire. Ce guide sort des centres thermaux et suit les rues, entre l'Adour et les pinèdes.

Une eau qui sort de terre à 64 °C : comprendre le thermalisme dacquois

Le péloïde de Dax, cette boue qui ne ressemble à aucune autre

La réputation de la ville tient d'abord à sa boue, le péloïde dacquois. Trois ingrédients suffisent à la faire. Le limon fossile de l'Adour, ce fleuve qui traverse Dax et descend des Pyrénées chargé de sédiments ; on l'extrait dans les barthes de Saubagnacq. Des algues microscopiques, les cyanobactéries, cultivées sous serre. Et l'eau thermale, qui broie le limon puis nourrit la fermentation : six jours suffisent. Il en sort une matière vivante, gris-vert, dont la médecine thermale reconnaît les propriétés anti-inflammatoires.

Sous la main, c'est onctueux, et la chaleur descend loin dans les articulations. Tous les établissements thermaux de Dax appliquent exactement la même boue : une régie municipale la produit seule, sous la marque Terdax, et la livre aussi bien à Dax qu'à Saint-Paul-lès-Dax. Le péloïde n'appartient à aucun centre en particulier. D'où une qualité de soin comparable, quel que soit l'établissement choisi.

Pourquoi l'eau de Dax soulage vraiment

La ville tire son eau de cinq forages, et elle arrive chaude sans qu'on ait à la réchauffer. Elle remonte des profondeurs chargée de sulfates, de calcium et de magnésium. Cette composition agit sur les rhumatismes, l'arthrose, les séquelles de traumatismes et les douleurs chroniques, ce qui explique les deux orientations thérapeutiques de la station : la rhumatologie, historique et dominante, et la phlébologie.

Deux types de séjours coexistent, et ils n'ont pas grand-chose en commun. La cure thermale conventionnée dure 18 jours, un médecin la prescrit, la Sécurité sociale en rembourse une partie : soins quotidiens, suivi, protocole médical. Les soins de bien-être et de remise en forme, eux, s'achètent sans ordonnance et sans remboursement, par n'importe qui. On peut aimer Dax sans jamais mettre les pieds aux thermes. Connaître son eau aide quand même à comprendre pourquoi la ville s'est bâtie là.

Se repérer à Dax : une ville à taille humaine qui se marche

Le centre-ville entre Adour et remparts

La carte se lit vite. L'Adour longe le centre historique, compact, qu'on parcourt entièrement à pied. Les boulevards d'aujourd'hui suivent le tracé des remparts romains, hérités d'Aquae Tarbellicae, nom que portait la cité sous l'Empire. Quatre repères suffisent : la place de la Cathédrale, que le marché du samedi déborde ; le cours de Verdun, qui suit l'Adour et aligne les terrasses ; la fontaine chaude, qui fume en permanence ; les arènes, adossées aux remparts gallo-romains dans le parc Théodore-Denis, reconnaissables à leur style néo-mauresque.

Venir est simple. La gare SNCF est à dix minutes à pied du centre, et le TGV Atlantique met un peu plus de trois heures depuis Paris. En voiture, plusieurs parkings gratuits en périphérie évitent de chercher une place au centre. Les pistes cyclables longent l'Adour.

Les quartiers thermaux et leurs atmosphères

Chaque zone thermale a sa tête. Le quartier thermal historique tient dans quelques rues, autour de la Fontaine Chaude et de l'hôtel Le Splendid, paquebot Art déco ouvert en 1929. Contre le Splendid, l'établissement Les Thermes, signé Jean Nouvel, affiche une architecture contemporaine discrète.

Ces rues suivent l'horaire des cures. De février à novembre, la matinée est calme, les curistes étant en soins ; l'après-midi, les terrasses se remplissent. Certaines rues n'abritent guère que des résidences de curistes, studios fonctionnels et parkings privatifs. L'hiver, la saison s'arrête et l'activité retombe. C'est là que Dax redevient dacquoise, sans l'afflux des visiteurs venus se soigner.

Ce qu'il faut voir à Dax : patrimoine et curiosités

La Fontaine Chaude, âme de la ville

On ne passe pas à Dax sans s'arrêter devant la Fontaine Chaude. Le monument, de style néoclassique, date de 1818 et enferme la source de la Nèhe, qui jaillit à 64 °C dans un grand bassin rectangulaire. L'eau coule sans arrêt, fumante, et tout Dacquois connaît cette vapeur par cœur. Personne ne s'y baigne, le bassin n'est pas fait pour ça. On vient le regarder.

Une légende raconte qu'un légionnaire romain, rentrant de campagne, avait laissé à Dax son chien malade. Il le retrouve guéri : l'animal s'était baigné dans la boue chaude. Vraie ou brodée, l'histoire a traversé les siècles. Sur la place de la Cathédrale, une statue signée Jacques Lasserre représente le légionnaire et son chien. Pour voir la fontaine au mieux, venir tôt le matin : la vapeur se mêle alors à la brume qui monte de l'Adour, et la ville dort encore.

La Cathédrale Notre-Dame et son portail des Apôtres

L'architecture de la Cathédrale Notre-Dame est un assemblage. Du bâtiment gothique effondré en 1646, il ne reste que le portail des Apôtres, sculpté au début du 14ᵉ siècle et remonté au 19ᵉ siècle dans le bras nord du transept, où il se visite à l'abri. Le reste est classique, rebâti entre 1656 et 1719. Chartres est ailleurs, on ne va pas se mentir, mais la hauteur sous voûte et la lumière qui traverse les vitraux tiennent la visite.

La place accueille le marché le samedi matin : on visite et on fait ses courses dans la foulée. Sur les étals, les canards gras des fermes landaises, les légumes de la plaine de l'Adour, les fromages de brebis des Pyrénées, les piments d'Espelette venus du Pays Basque voisin. Avant 10 heures, on a le choix et on évite la cohue.

Les remparts gallo-romains et le musée de Borda

Sous l'Empire, Dax s'appelait Aquae Tarbellicae, « les eaux des Tarbelles », du nom du peuple installé dans la région. Des tronçons de l'enceinte, élevée au 4ᵉ siècle, tiennent encore debout le long de la promenade des Remparts, dans le parc Théodore-Denis et place des Salines. Ces murs de pierre disent la place qu'occupait la ville dans l'Antiquité.

Le musée de Borda prend la suite, dans la chapelle des Carmes : archéologie issue des fouilles locales, sciences naturelles, ethnographie, beaux-arts. Il doit son nom à Jean-Charles de Borda, mathématicien, navigateur et physicien du 18ᵉ siècle né à Dax. Musée de province, sans esbroufe, qui raconte bien la durée de cette ville. Entrée gratuite le premier week-end du mois.

L'Atrium Casino et l'architecture thermale

Dax mélange les époques comme toutes les villes d'eaux, et deux bâtiments voisins en portent la trace. L'Atrium, casino inauguré en 1928 autour d'une cour à ciel ouvert qui lui vaut son nom, et l'hôtel Le Splendid, ouvert l'année suivante, sortent des mêmes plans, ceux de l'architecte parisien André Granet. Façade blanche, lignes géométriques, grande verrière : le Splendid tient du paquebot. Les deux sont protégés au titre des monuments historiques.

Les Thermes de Jean Nouvel, livrés en 1992, sont plus récents : lignes épurées, matériaux nobles, bâtiment posé dans le paysage sans le contredire. Mises bout à bout, ces architectures racontent l'évolution du thermalisme dacquois : les origines romaines, l'âge d'or du début du 20ᵉ siècle, le renouveau actuel.

Vivre Dax au quotidien : où manger, boire, flâner

Marchés et produits locaux

Pour prendre le pouls de la ville, aller au marché. Le marché du samedi, qui déborde des halles sur la place Roger-Ducos et la place de la Cathédrale, et celui du dimanche matin place Camille-Bouvet rassemblent les producteurs locaux et les habitués. On y trouve ce que le Sud-Ouest fait de mieux : canards gras élevés dans les fermes landaises, légumes de la plaine de l'Adour, fromages de brebis descendus des Pyrénées, piments d'Espelette, huîtres d'Hossegor pêchées la veille.

Les Halles couvertes ouvrent du mardi au dimanche. Ambiance plus resserrée, commerçants qu'on revoit toute l'année. C'est là qu'on compose un pique-nique.

Restaurants et adresses gourmandes

Les prix ici ne sont pas ceux de Biarritz, et l'ambiance non plus : décontractée, sans façon. Les bistrots du centre servent une entrecôte sauce béarnaise ou un magret bien rosé à un tarif tenable. Les bars à vins tirent sur le Sud-Ouest : Madiran pour les rouges puissants, Tursan pour les blancs secs, Jurançon pour le sucré. Quelques tables basques font le lien avec Bayonne toute proche, axoa de veau ou piperade au piment frais.

Restent les pièges à curistes, ces restaurants à menu à 12 euros où rien n'a de goût. Le meilleur test tient à l'oreille : écoutez les tables voisines. Du français à l'accent chantant du Sud-Ouest, quelques mots de gascon, et vous êtes au bon endroit.

L'ambiance des bodegas et des terrasses

Hors de la feria d'août, qui est un cas à part, Dax vit doucement. Les terrasses du cours de Verdun et de la place de la Cathédrale se remplissent en fin d'après-midi. L'été, les soirées s'étirent sans que personne ne presse. On boit un verre, on regarde passer les gens, on refait le dernier match de l'US Dax, institution locale du rugby.

Certains bars programment de la musique live, d'autres passent les matchs sur grand écran, d'autres encore laissent tourner des parties de cartes sans fin. Personne ne fait de manières.

Dax en fête : la feria et les traditions landaises

La feria d'août, cinq jours de folie organisée

Chaque année autour du 15 août, la ville change de peau. La feria tient cinq jours et cinq nuits. Tenue obligatoire : pantalon et tee-shirt blancs, ceinture et foulard rouges. Les bandas, orchestres de cuivres et de percussions, défilent du matin au soir avec leur répertoire espagnol, français ou basque. Le parc Théodore-Denis se couvre de bodegas éphémères où l'on mange de la daube de toro, de l'axoa de veau, des cuisses grasses de canard landais.

Les arènes, plantées au milieu du parc, donnent les meilleures courses landaises de la saison. Les terrasses deviennent des pistes de danse. Autant le dire tout de suite : pendant ces cinq jours, le calme thermal n'existe plus. C'est aussi le moment où Dax vibre le plus fort. Les hébergements partent des mois à l'avance, parfois un an.

La course landaise, pas la corrida

La confusion revient souvent, alors autant la lever : la course landaise n'a rien de la corrida espagnole. Aucune mise à mort. C'est un jeu d'esquive entre écarteurs et vaches de course, des vaches et non des taureaux. L'écarteur attend la charge, puis saute ou s'efface au dernier instant. Tout se joue sur la précision, sur le timing, et sur le cran qu'il faut pour rester planté là.

Les arènes de Dax, béton et style néo-mauresque, inaugurées en 1913, accueillent des courses toute la saison. Le sport a ses champions, ses dynasties et ses puristes. Y assister apprend plus sur l'identité dacquoise que bien des visites : de la tradition, du courage tranquille.

Aux alentours de Dax : échappées faciles

Dax est bien placée pour rayonner dans le Sud-Ouest. À une demi-heure de route, l'océan Atlantique et ses plages : Capbreton et son port de pêche, ses restaurants de poissons, Hossegor et ses vagues connues des surfeurs du monde entier. À quarante minutes, Bayonne ouvre les portes du Pays Basque avec son architecture labourdine, ses chocolatiers, ses jambons séchés.

Au nord, la forêt landaise, plus grande forêt artificielle d'Europe, plantée au 19ᵉ siècle pour assainir les marécages. Des pistes cyclables y entrent, et ça sent la résine. À l'est, la Chalosse aligne ses collines douces et ses bastides médiévales ; Montfort-en-Chalosse vaut l'arrêt pour son église romane et sa halle centrale. Plus loin dans la même direction, autour de Geaune, le vignoble de Tursan reçoit pour des dégustations chez les producteurs. En aval, les berges de l'Adour se font à vélo jusqu'à Peyrehorade.

Comme camp de base, Dax évite les prix et la foule de la côte basque. Prévoir une voiture : les transports en commun restent rares dans ce territoire rural.

Destination Distance Intérêt principal
Capbreton 35 km Plage, port de pêche, restaurants de poissons
Hossegor 30 km Surf, lac marin, ambiance balnéaire
Bayonne 55 km Patrimoine basque, gastronomie, culture
Montfort-en-Chalosse 20 km Bastide médiévale, halle, collines
Peyrehorade 25 km Berges de l'Adour, vélo, villages