Le phare de Contis, le seul phare des Landes
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Le feu de Contis s'est allumé dans la nuit du 19 au 20 décembre 1863, à Saint-Julien-en-Born, et c'est le seul phare du département des Landes. La tour mesure 41,50 mètres, son feu brûle à 50 mètres au-dessus de la mer et porte à 23 milles marins. Deux bandes noires enroulées en double hélice servent de repère aux navires en plein jour. On monte à la coupole par 184 marches en fonte, d'avril à fin septembre, pour 3 euros, jamais le lundi.
Le phare de Contis se dresse à un kilomètre de l’océan, dans la pinède de Contis-Plage, sur la commune de Saint-Julien-en-Born, à quinze kilomètres au sud de Mimizan. C’est le seul phare des Landes et le seul point haut d’une côte qui file droit sur des dizaines de kilomètres, sans cap, sans falaise, sans clocher visible du large. Sa tour blanche porte deux bandes noires enroulées en hélice, peintes en 1937. Le feu s’est allumé dans la nuit du 19 au 20 décembre 1863 et ne s’est éteint qu’une fois, quand la lanterne a sauté en 1944. On monte à la coupole par 184 marches en fonte.
Horaires, tarifs et jours d’ouverture
La montée n’est pas possible tous les jours, et c’est le premier point à régler avant de prendre la route. Le phare ouvre du début avril à la fin septembre, jamais l’hiver. En dehors de juillet et août, il n’accueille que trois jours par semaine, l’après-midi. Le lundi, la porte reste close toute la saison.
| Période | Jours | Horaires |
|---|---|---|
| 4 avril au 30 juin | vendredi, samedi, dimanche et jours fériés | 14 h à 18 h |
| 1er juillet au 31 août | du mardi au dimanche | 10 h à 18 h |
| 1er au 28 septembre | vendredi, samedi, dimanche | 14 h à 18 h |
L’entrée coûte 3 euros pour un adulte et 1 euro pour un enfant de 3 à 12 ans. En dessous de trois ans, c’est gratuit. La billetterie accepte la carte bancaire, le chèque et les espèces, et elle ne fixe aucun âge minimum : un enfant de quatre ans qui tient l’escalier peut monter comme les autres, tarif enfant, sous la surveillance de ses parents. Le phare appartient à l’État, la commune et l’office de tourisme Côte Landes Nature en assurent l’ouverture au public. Le renseignement se prend au 05 58 42 80 08.
La visite se fait librement : personne ne guide le groupe, on grimpe à son rythme et on redescend quand on veut. L’escalier est étroit et se partage entre ceux qui montent et ceux qui descendent, ce qui ralentit tout le monde les après-midi d’août.
Les 184 marches et la vue du sommet
L’escalier est en fonte, coulé par la fonderie Rigollet au moment de la construction. Il tourne en colimaçon dans le fût de la tour, éclairé par des ouvertures étroites, et il compte 184 marches jusqu’à la coupole. Il n’y a pas d’ascenseur. Les dernières marches, celles qui donnent accès à la lanterne, sont plus raides et plus serrées que le reste : c’est le passage qui arrête les visiteurs sujets au vertige et qui rend le site inaccessible aux personnes à mobilité réduite. Les poussettes restent en bas.
La lanterne fait 3,50 mètres de diamètre et compte seize pans vitrés. La galerie qui l’entoure ouvre sur les quatre côtés, et la vue s’organise en deux moitiés franchement séparées. À l’ouest, l’océan, la plage de sable et le cordon de dunes. À l’est, la forêt de pins, plate, continue, jusqu’à l’horizon. Entre les deux passe le trait sombre du courant de Contis. Par temps clair, la côte espagnole apparaît au sud, très loin, au-delà de la ligne des spots de surf de la côte landaise.
C’est la seule occasion, sur ce littoral, de voir la forêt landaise d’au-dessus. Depuis le sol, entre deux rangées de pins, on ne mesure rien de son étendue. À cinquante mètres, elle se referme comme un tapis vert jusqu’au bout du regard, et l’échelle du massif devient lisible d’un coup d’œil.
La fiche technique, chiffre par chiffre
La tour mesure 41,50 mètres de haut. Elle repose sur une dune que l’entrepreneur a arasée à 11,60 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui porte le sommet du monument à 53,50 mètres. Le feu, lui, brûle à 39 mètres au-dessus du sol, soit 50 mètres au-dessus de la mer. Sa portée est de 23 milles marins, environ 42 kilomètres.
| Hauteur de la tour | 41,50 m |
|---|---|
| Hauteur du feu au-dessus de la mer | 50 m |
| Portée | 23 milles marins |
| Caractéristique du feu | 4 éclats blancs groupés toutes les 25 secondes |
| Marches | 184 |
| Mise en service | nuit du 19 au 20 décembre 1863 |
| Inscription aux monuments historiques | arrêté du 6 novembre 2009 |
Le feu envoie quatre éclats blancs en rafale, puis se tait, et recommence vingt-cinq secondes plus tard. Cette signature-là ne se partage avec aucun autre feu de la côte : un marin qui compte les éclats et chronomètre la période sait exactement où il se trouve. La lumière sort d’une lampe halogène de 180 watts, concentrée par une lentille de Fresnel à quatre panneaux de 0,30 mètre de focale. L’ensemble tourne sur une cuve à mercure, un bain de métal liquide qui supporte plusieurs centaines de kilos d’optique sans presque aucun frottement.
La tour est bâtie en moellons de garluche, ce grès ferrugineux couleur rouille qu’on tire du sous-sol landais et qu’on retrouve dans les églises du secteur. Les parties taillées viennent de plus loin, de Saint-Savinien en Charente-Maritime et d’Angoulême. Le tout est monté au mortier de ciment de Portland, matériau récent pour un chantier des années 1860.
Deux bandes noires en double hélice
Le phare a été blanc pendant soixante-quatorze ans. En 1937, deux bandes noires viennent s’enrouler autour du fût, en double vis d’Archimède, du soubassement jusqu’à la galerie. Ce n’était pas une fantaisie de peintre. Un feu ne sert que la nuit ; le jour, un navire a besoin de reconnaître la côte à l’œil nu, et cette côte-là ne fournit aucun repère. Des dizaines de kilomètres de dunes identiques au nord, autant au sud.
Le phare a donc été transformé en amer, c’est-à-dire en point de reconnaissance diurne. La double hélice se lit de très loin et ne ressemble à aucune autre tour de la côte aquitaine, du Cap-Ferret à Biarritz. Le travail s’est fait à la corde et à la poulie, depuis une planche hissée le long de la tour, sur une surface courbe où le tracé de la spirale devait rester régulier à trente mètres du sol.
Le procédé n’a rien d’exclusivement français : la même astuce a donné leurs rayures aux grands phares américains. Elle explique aussi pourquoi on ne repeint jamais un phare dans une autre couleur que la sienne. Le motif est porté sur les cartes marines au même titre que la période du feu.
De la commission de 1856 à l’automatisation
La commission des phares décide en 1856 d’établir un feu de premier ordre entre le Cap-Ferret et Biarritz, sur le seul segment de côte laissé sans signalisation. Les plans sont dressés par Léonce Reynaud, directeur du service des phares. Le chantier ouvre en 1861 et s’achève deux ans plus tard.
L’appareil optique installé en 1863 n’était pas neuf : construit en 1833 par la maison parisienne Henry Lepaute pour le phare de Biarritz, il a été démonté et remonté à Contis. Le feu produisait alors des éclats toutes les trente secondes. Une nouvelle optique le remplace en 1928, et le rythme des vingt-cinq secondes s’installe.
Le 21 août 1944, l’armée allemande en retraite fait sauter la coupole. La tour tient, le sommet est décapité, et la côte landaise reste sans feu pendant cinq ans. La reconstruction s’achève en 1949. L’électricité arrive en 1951, ce qui met fin aux corvées de pétrole dans l’escalier. En 1999, le phare passe en automatique et le dernier gardien s’en va : les maisons de gardiens, au pied de la tour, ne sont plus habitées depuis cette date.
L’arrêté du 6 novembre 2009 inscrit l’ensemble au titre des monuments historiques. La protection ne vise pas seulement la tour : elle couvre le phare en totalité, ses locaux techniques et les anciennes maisons de gardiens avec leurs communs. Le bâtiment technique qui ceinture le soubassement date de 1950 et fait partie de l’ensemble protégé.
Y aller, et ce qu’il y a autour
L’adresse est chemin de la Lanterne, à Contis-Plage, 40170 Saint-Julien-en-Born. On y accède par l’avenue du Phare, la route qui relie le bourg à la plage, et un chemin court mène au pied de la tour. Des places de stationnement sont aménagées à proximité, près de l’aire de pique-nique où se rejoignent les deux pistes cyclables. En août, mieux vaut se garer tôt : le parking sert aussi aux baigneurs.
À vélo, une voie verte de 8,4 kilomètres relie Saint-Julien-en-Born à Contis-Plage sous les pins, à l’écart des voitures. Elle rejoint le pont rose jeté sur le courant, là où passe la Vélodyssée. Le phare se glisse donc facilement dans une journée de vélo entre Mimizan et Léon.
Le courant de Contis coule à quelques centaines de mètres. Ce cours d’eau lent est l’exutoire d’un ancien étang asséché qui couvrait le triangle Saint-Julien-en-Born, Uza, Lit-et-Mixe. Il porte le nom de courant après la rencontre du Vignac et du Courlis, et le site Natura 2000 des zones humides de l’ancien étang de Lit-et-Mixe le protège jusqu’à son embouchure. On le remonte en canoë depuis le bourg, sans s’approcher de la barre. C’est le même type de milieu que le courant d’Huchet, plus au sud, celui qui vide dans l’océan l’étang de Léon et les autres lacs landais.
Au pied du phare, des démonstrations de gemmage sont données gratuitement : les vendredis à 15 h du 1er avril au 30 juin et en septembre, les jeudis à 10 h 30 en juillet et août. Un ancien résinier y refait les gestes de la récolte, le crampon planté dans l’écorce, la carre, le pot. Hors saison, la démonstration se demande au 06 07 45 30 69. Le métier a cessé dans les années 1980, chassé par les résines de synthèse et par la concurrence étrangère, après avoir fait vivre des milliers de familles landaises. On en retrouve la trace dans les airials et les métairies conservés par le parc naturel des Landes de Gascogne, à l’intérieur des terres.