Eugénie-les-Bains, deux sources et une cuisine minceur
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Deux eaux minérales sortent du même gisement, à une centaine de mètres sous le village. La source Christine-Marie arrive à 42 °C et part dans les bains, les douches et les boues ; l'Aqua Impératrice est froide et se boit. La station est agréée sur deux orientations seulement, rhumatologie et appareil urinaire avec maladies métaboliques, et la saison 2026 court du 23 février au 28 novembre. Une cure conventionnée de dix-huit jours est facturée 678,02 € en rhumatologie, une demi-journée d'essai 49 €.
Les Thermes d’Eugénie-les-Bains occupent un parc au centre du village, rue des Thermes, dans les Landes, à 12 kilomètres au sud d’Aire-sur-l’Adour. L’établissement est exploité par la Chaîne Thermale du Soleil et ouvre du 23 février au 28 novembre 2026, fermé le dimanche. Téléphone : 05 58 05 06 06. Il ne faut pas le confondre avec Les Prés d’Eugénie, l’hôtel de la famille Guérard, qui se trouve au 334 rue René Vielle et répond au 05 58 05 06 07.
Une eau chaude pour les soins, une eau froide à boire
Le gisement d’Eugénie est capté sur place, à une centaine de mètres de profondeur. Il donne deux eaux de nature différente, et c’est cette différence qui fonde toute l’activité de la station.
La source Christine-Marie est sulfurée, sulfatée calcique et magnésienne. Elle est captée à 42 °C. C’est elle qui alimente les bains, les douches, les cataplasmes et les bassins, du côté de la rhumatologie. Sa minéralisation associe le magnésium, le calcium et le silicium.
La seconde s’appelle Aqua Impératrice. Elle est sulfatée et bicarbonatée sodique, et froide. On ne s’y baigne pas : elle se boit, en cure de boisson, dans le traitement des affections digestives et urinaires. Les quatre éléments que l’exploitant met en avant dans la composition de ses eaux sont le calcium, le magnésium, le soufre et le bore.
Les boues ne viennent pas d’un marais. Elles sont fabriquées : une argile de kaolin très fine mûrit lentement au contact de l’eau thermale, ce qui donne une pâte dense, employée en bain général, en bain de mains, en bain de pieds et en cataplasme.
La ressource est encadrée. Une autorisation préfectorale d’exploitation fixe un débit maximal d’usage, et l’eau utilisée en soins ne subit aucun traitement chimique avant de retourner au milieu naturel. Le service qualité de la Chaîne Thermale réalise plus de 750 analyses bactériologiques par saison sur l’eau distribuée aux postes de soins et sur les boues.
Le village est né de ces eaux, et pas l’inverse. En juin 1860, les conseils municipaux de Damoulens et d’Espérons demandent que l’impératrice soit marraine de la commune à créer, sous le nom d’Eugénie-les-Eaux. La commune est finalement créée par la loi du 8 mai 1861, en réunissant la totalité d’Espérons, une partie de Damoulens et le quartier des Eaux de Saint-Loubouer. Deux propriétaires d’établissements de bains, Dubalen et Brettes, hypothèquent leurs biens pour réunir les 17 411,50 francs que l’opération réclame.
Deux orientations agréées, et ce qu’elles changent au quotidien
La station est agréée par les autorités de santé pour deux orientations : la rhumatologie (RH) et les affections de l’appareil urinaire et maladies métaboliques (AU). Pas de voies respiratoires, pas de dermatologie, pas de phlébologie. Un curiste qui vise autre chose ira ailleurs.
Côté rhumatologie, l’agrément couvre l’arthrose, les lombalgies, les sciatiques, les tendinites, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, les troubles musculo-squelettiques, le syndrome fibromyalgique et les séquelles de traumatismes ou d’opérations. Côté AU : surcharge pondérale, obésité, prédiabète et diabète non insulino-dépendant, goutte, hyperuricémie, lithiases rénales, cystites et pyélonéphrites, gastrites, colites.
La cure conventionnée dure dix-huit jours de soins consécutifs, six jours sur sept, sans soins le dimanche. Elle représente 72 séances. Sur place, la journée tourne autour d’une heure et demie et de quatre soins. La double orientation existe, et elle est très demandée ici : quatre soins par jour pour l’orientation principale, deux pour la seconde. L’orientation principale et la secondaire s’inscrivent sur le formulaire de prise en charge au moment de la prescription, et ne se modifient plus ensuite.
Trois visites médicales sont obligatoires, avec un médecin thermal. Ces médecins ont leur cabinet dans les thermes et exercent en libéral : ils encaissent leurs honoraires directement. Ils sont quatre pour la saison. L’équipe de soins compte 35 agents thermaux, deux infirmières, quatre kinésithérapeutes, deux diététiciennes, trois éducateurs sportifs et une sophrologue.
Une cure conventionnée ne se coupe pas en deux séjours. Interrompue plus de 48 heures, même pour raison médicale, elle est définitivement close. Trois motifs seulement ouvrent droit à un remboursement au prorata : la force majeure, l’arrêt d’activité de l’établissement, l’interruption pour raison médicale attestée.
Deux formats sortent du cadre habituel. Une cure de réhabilitation après un cancer du sein, sur dix-huit jours, à partir de 1 340,18 €. Et une session en nocturne du 14 septembre au 7 octobre 2026, de 17 h à 19 h, réservée aux personnes qui travaillent et habitent le secteur, avec accueil au vestiaire entre 17 h 30 et 18 h 45.
Ce que coûte une cure, et ce qui reste à payer
Les prix des cures conventionnées ne sont pas fixés par l’établissement mais par arrêté, sur une base nationale. Deux montants coexistent, et la différence entre les deux est la seule chose qui compte pour le portefeuille. Le prix limite de facturation est ce que l’établissement facture. Le tarif forfaitaire de responsabilité est la base sur laquelle l’Assurance Maladie calcule son remboursement. L’écart, appelé complément tarifaire, reste au curiste, sauf pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.
Sur le forfait d’hydrothérapie, le calcul donne ceci : 678,02 € facturés en rhumatologie pour un tarif de responsabilité de 574,51 €, soit 103,51 € de complément ; 640,18 € facturés en métabolisme et appareil urinaire pour 542,45 € de base, soit 97,73 €. La double orientation monte à 998,12 € en rhumatologie principale, 979,18 € dans l’autre sens. Avec kinésithérapie, la facture rhumatologie atteint 773,14 €.
Qui n’a pas de prescription, ou pas trois semaines devant lui, dispose de deux portes d’entrée. La cure libre reprend les mêmes soins sans ordonnance et sans remboursement : 365 € les cinq jours, 50 € la journée supplémentaire, jusqu’à dix-huit jours. Un certificat de non contre-indication de moins d’un mois est demandé à l’arrivée, ou un rendez-vous avec un médecin thermal.
Plus court encore, le forfait ThermDécouverte : une demi-journée, quatre soins thermaux réels (bain hydromassant, douche de forte pression sous immersion, thermabike, bain de boue), 49 €. Sans prescription, non remboursé, une fois par an et par personne.
Les suppléments se paient à part et ne sont jamais pris en charge. Le Service Premier, qui déplace la cure dans le bâtiment haut de gamme, commence à 59 € par jour. Le programme Starter minceur coûte 155 €, le programme Force et Souplesse 130 €, l’Option Santé Active 85 € pour trois activités et 165 € pour six, avec 30 € d’arrhes à la réservation. Le programme d’éducation thérapeutique consacré à l’obésité et au syndrome métabolique reste à la charge du patient, à moitié prix pour les résidents de Nouvelle-Aquitaine, et se termine par un suivi de trois mois.
Reste le logement, qui pèse souvent plus lourd que les soins. L’hôtel de la Maison Rose, tenu par l’exploitant des thermes, affiche un forfait de vingt nuits en pension complète à partir de 3 420 € par personne en chambre classique, et 4 540 € en junior suite. Il ouvre du 1er mars au 28 novembre 2026.
Les Grands Thermes et la Ferme Thermale
L’établissement thermal tient dans deux bâtiments, et ils ne se ressemblent pas.
Les Grands Thermes, de style néocolonial, portent le gros de l’activité : une piscine de mobilisation avec douches sous immersion (24 postes), un bain de boue général en piscine collective (8 postes), une rivière de marche à contre-courant (24 postes), une piscine avec vélos immergés (16 postes), 18 cabines de bains individuels à hydromassage, 17 cabines de cataplasmes d’argile, 11 cabines de douches pénétrantes, une cabine d’entéroclyse, cinq cabines de massage, et un studio de fitness de 200 m². Ils ouvrent du 23 février au 28 novembre 2026.
La Ferme Thermale est une ancienne ferme landaise du XVIIIe siècle. Tous les soins y sont individuels. Elle abrite cinq cabines de bains, deux piscines individuelles avec douche sous immersion, deux bains de boue individuels, un bain de vapeur, un salon de tisanerie avec cheminée. Sa saison est décalée : du 2 mars au 29 novembre 2026. Depuis 2025, elle est équipée de baignoires à jets d’air et d’eau et propose un programme de musicothérapie pendant les soins.
Le parc qui entoure les deux bâtiments couvre huit hectares, avec des allées cavalières, des roseraies anciennes et des potagers. Il se traverse librement.
Les thermes et Les Prés d’Eugénie sont deux maisons
La confusion est facile, parce que les deux appartiennent à la même famille et que la Ferme Thermale sert les deux clientèles. Elle mérite d’être défaite.
D’un côté, les Thermes d’Eugénie-les-Bains : un établissement thermal exploité par la Chaîne Thermale du Soleil, agréé sur deux orientations, où l’on vient sur ordonnance pour dix-huit jours, remboursé par l’Assurance Maladie. Contact : 05 58 05 06 06, eugenielesbains@chainethermale.fr.
De l’autre, Les Prés d’Eugénie, au 334 rue René Vielle : un hôtel cinq étoiles de 45 chambres et suites, Relais et Châteaux depuis 1968, distingué Palace depuis 2017, avec le restaurant Michel Guérard (trois étoiles au Michelin depuis 1977), L’Orangerie (une étoile depuis 2025) et La Ferme aux Grives. On y réserve au 05 58 05 06 07. Aucune prescription, aucun remboursement.
Le point de contact entre les deux, c’est la Ferme Thermale. Un curiste conventionné peut y déplacer sa cure en payant le supplément Service Premier. Un client de passage y vient comme dans un spa, pour un soin à l’eau thermale, un modelage ou un soin de beauté Sisley, sans lien avec la médecine thermale : ouverture du lundi au samedi de 8 h 45 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 19 h, le dimanche de 8 h 45 à 12 h 30, accès réservé aux seize ans et plus.
Le lien de famille explique le reste. Christine Barthélémy, héritière de la Chaîne Thermale du Soleil, a épousé Michel Guérard ; le livret de la station pour 2026 est publié sous la direction de leur fille Éléonore.
D’où vient l’étiquette de premier village minceur
Michel Guérard cuisinait au Pot-au-Feu, à Asnières, une étoile en 1967, deux en 1971. Il arrive à Eugénie en 1974 et ouvre Les Prés d’Eugénie avec Christine Barthélémy. En 1976 paraît La Grande Cuisine minceur, qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires et sera traduit dans une douzaine de langues. La troisième étoile suit en 1977.
L’expression de « premier village minceur de France » vient de la station et du comité départemental du tourisme. Aucune commission ne la décerne : elle décrit une situation, celle d’une commune de moins de cinq cents habitants où les thermes, les médecins, les restaurateurs et l’hôtel se sont alignés sur le même thème. Les formules elles-mêmes sont des marques déposées : Grande Cuisine Minceur®, Cuisine Minceur Active®, Cuisine Santé-Nature®.
Concrètement, deux cuisines cohabitent dans le village, et elles ne sont pas au même prix. Aux Prés d’Eugénie, le menu minceur change chaque jour et compte environ 550 calories pour une entrée, un plat et un dessert. À la Maison Rose, l’hôtel de l’exploitant thermal, la Cuisine Santé-Nature suit un principe simple : sur vingt et un jours, aucun plat ne revient deux fois.
Rien de tout cela n’est un traitement. Les orientations agréées sont la rhumatologie et l’appareil urinaire avec les maladies métaboliques, et l’accompagnement diététique de la cure passe par des consultations, des tables rondes et des ateliers de cuisine encadrés par des diététiciennes diplômées, pas par la carte d’un restaurant étoilé.
Michel Guérard est mort le 19 août 2024, à 91 ans, à Duhort-Bachen. Christine Guérard était morte en octobre 2017. Leurs filles Adeline et Éléonore tiennent la maison.
Venir, et ce qu’il y a autour
Eugénie-les-Bains compte 498 habitants au recensement de 2023, à 85 mètres d’altitude, dans le Tursan. En voiture, on sort à Aire-sur-l’Adour Centre (sortie n° 6 de l’A65) puis on suit Eugénie sur 12 kilomètres. En train, la gare la plus proche est Mont-de-Marsan, à 25 kilomètres ; les gares TGV de Pau et de Dax sont à 50 et 75 kilomètres. L’aéroport de Pau-Pyrénées est à 45 kilomètres.
Le marché se tient rue René Vielle et place Gaston Larrieu, tous les mercredis de 8 h à 12 h, de début mars à fin novembre, avec une trentaine de commerçants. La rue René Vielle passe en sens unique ce matin-là, de la boulangerie à l’église.
Entre deux soins, trois circuits balisés partent de devant l’office de tourisme : le bleu fait 3,3 kilomètres, le vert 6,6, le rouge 7,2. Le circuit de la Mémoire de l’eau raconte l’histoire des sources et des aménagements du village en quatre stations réparties dans les jardins, près du tennis, à la roseraie, sous la tonnelle du grand jet d’eau et dans le jardin des Prés d’Eugénie. Le minigolf neuf trous du jardin municipal coûte 3 € par personne, gratuit avant six ans. L’office de tourisme est place Gaston Larrieu, au 05 58 71 64 70.
Autour, les distances restent courtes. Aire-sur-l’Adour et sa crypte de Sainte-Quitterie sont à 7 kilomètres, Saint-Sever et la Chalosse à 18, le pays de l’Armagnac et du Floc de Gascogne à 30, l’écomusée de Marquèze et le parc naturel régional des Landes de Gascogne à 50, la côte à 90. Le Tursan est aussi un pays de canard gras, et le foie gras des Landes se vend à la ferme dans les communes voisines.
Eugénie n’est pas la seule station du Sud-Ouest, et les autres ne soignent pas la même chose. Dax, première ville thermale de France par la fréquentation, travaille le péloïde de l’Adour sur la rhumatologie et la phlébologie ; les thermes de Cambo-les-Bains, au Pays Basque, sont agréés en rhumatologie et en voies respiratoires. En 2025, 467 874 personnes ont suivi une cure conventionnée en France, dont près de 118 000 en Nouvelle-Aquitaine.